Articles
27.10.2010 : Side Line
voir l'article original
INTERVIEW BEL
CANTO
Pour certains groupes, vous traverseriez le monde entier juste pour les
voir une fois en live. Bel Canto est un de ces groupes, enfin pour moi.
Anneli Drecker, Nils Johansen et Geir Jenssen (aka Bleep et Biosphere)
nous ont laissé des perles electropop de voix paradisiaques qui sont
rares de nos jours, voire inexistantes. Je me souviens que j’ai râté
leur dernier concert Belge en 1996 à cause d’un examen d’allemand que
je ne voulais pas louper en sortant toute la nuit. Comme une sorte de
situation Catch 22, j’ai été averti plus tard que Bel Canto ne
visiterait plus jamais la Belgique.
Les années passèrent et j’ai suivi la carrière des 3 membres, les
interviewant quand un nouvel (solo) album sortait mais c’était tout.
Bel Canto prend des pauses occasionnelles pour permetre à Drecker de
poursuivre une carrière solo et pour jouer avec d’autres groupes et
artistes, aussi bien que jouer dans des films ou faire du théatre. Nils
Johansen a composé de la musique de film et de télévision et a
travaillé et joué avec son autre groupe, Vajas. Malgré ces iatus, Bel
Canto a continué de jouer en live, sans Jenssen. Jusqu’à juin 2010
quand j’ai entendu dire que Bel Canto se réunissait pour une
performance spéciale au Festival de Døgnvill dans leur ville natale
Tromsø, le 4 septembre 2010. Alors que je ne pouvais aller au concert,
il est devenu clair que 2 autres concerts seraient ajoutés, Oslo et
Trondheim. Tous en Norvège.
Nous rencontrons le groupe dans un hôtel à Oslo à midi, le lendemain de
leur concert au Rockefeller Music Hall dans le centre de la ville. Ils
semblent un peu crevés et vont aller à Trondheim dans la même journée
pour préparer leur 3ème concert. Ca a été le deuxième concert du groupe
depuis leurs retrouvailles, 21 ans après que Geir Jennssen ait quitté
le groupe pour poursuivre une carrière solo.
Par Bernard Van
Isacker, Photos par Petra Rönnholm et Jan Ronald Stange
SL:
Le pourquoi
des
retrouvailles me paraît étrange, il a été annoncé à l’improviste.
AD : Vous parlez du festival de Døgnvill ? Ils nous ont effectivement
demandé il y a 2 ans si nous voulions jouer au festival. C’était leur
idée. Ce sont de vieux amis à nous, des musiciens. Je venais juste de
déménager à Tromsø quand un des gars m’a posé la question, comme nous
étions tous les 3 revenus à Tromsø, alors il se demandait si ils
pouvaient arranger un concert de retrouvailles. Alors c’était leur idée
au tout début.
Nous ne voulions vraiment pas que d’autres personnes aient la même idée
et disent que c’était leur propre idée. Nous voulions le faire parce
que nous voulions vraiment travailler ensemble. C’est pour ça que ça
nous a pris 2 ans. Nous ne voulions pas d’un festival qui nous paie
seulement pour nous reformer, l’idée avait besoin de murir et nous
donner une raison.
SL :
Pourquoi
l’idée de nous est-elle pas venue à vous en premier ?
AD : J’ai vécu à Oslo pendant les 20 dernières années et je n’avais
plus du tout de contact avec Geir. Seulement par des amis et son
ex-femme. Il voyageait tellement et je vivais à Oslo. Bien sûr Nils et
moi nous nous sommes vus assez souvent. Et alors j’ai déménagé à Tromsø
et on m’a demandé de participer à une compilation par Hommage Records,
appelé « Maskindans – Norsk Synth 1980-1988 ». Et c’est là que Geir et
moi avons commencé par communiquer par mail. Réellement amusant car il
vivait seulement à 50 mètres plus bas dans la rue, mais ok nous avons
commencé à nous envoyer des mails. Nous nous sommes rencontrés quand
nous skiions là et avons parlé des vieilles démos des années 80. Nous
avons découvert quelques bijoux qui étaient là, ça a en fait donné un
coup de pied pour écouter le matériel.
SL :
Est-ce que
le titre de la compilation, « Flowerbed », était à l’origine destiné à
être sur l’album « Birds of passage » ?
AD : Geir l’a utilisé plus tard pour son projet Bleep. Nous n’étions
pas trop heureux de cela à l’époque. Vous savez, il y a beaucoup de
chansons qui n’ont pas été sorties. J’ai fait tant de
concerts et des morceaux sur commande, 3 d’entre eux, avec 12 à 16
chansons qui n’ont jamais été éditées. Je suis tellement habituée à la
chose, surtout quand vous êtes dans une grande compagnie de disques.
C’est vraiment frustrant. Geir est le chanceux qui peut juste sortir
ses trucs, mais nous avons été un peu restreints.
SL :
Etes-vous
toujours sous contrat avec Emi Norvège ?
AD : Vaguement… Je ne suis pas très contente du contrat et ils ne sont
pas contents du contrat et nous ne voulons pas continuer sous ce
contrat. Alors ça doit être renégocié. Si ils n’aiment pas les choses
que je veux sortir, je suis libre d’aller ailleurs.
SL :
C’est pour
votre carrière personnelle, mais Bel Canto est libre oui ?
AD : Nous avons été renvoyés.
NJ : Nous n’avons plus d’obligations envers EMI maintenant. Le contrat
est terminé. Nous avons un contrat de licence avec eux, nous faisons
toute la production et nous n’avons pas de contrat d’artistes avec eux.
SL :
N’avez-vous
jamais pensé à une auto production ?
NJ : C’est la chose la plus évidente à faire maintenant pour les
groupes connus, car l’industrie du disque est totalement différente
maintenant.
AD : Mais nous ne sommes pas des hommes d’affaires alors nous avons
besoin de quelqu’un à bord qui puisse s’occuper des coups de téléphone
et de l’administratif.
NJ : Actuellement nous pensons seulement à la partie création. Il y a
cependant beaucoup de moyens différents de traiter les choses
maintenant…
SL :
Mais
revenons à vous et Geir.
AD : Et bien, alors Geir et moi avons travaillé sur la musique pour une
pièce de théatre, « La fièvre d’Hamsun » basée sur le poême «
Feberdiste » de 1904 par l’auteur norvégien Knut Hamsun (note de
l’éditeur : à ce moment, Geir Jenssen entre et nous rejoint).
SL :
Bonjour
Geir, Anneli nous expliquait comment vous avez repris contact ensemble.
Pourquoi tout ce silence musical entre vous 2 durant toutes ces années ?
GJ : Nous étions juste trop occupés avec des projets musicaux, vous
savez.
SL :
Le
matériel live a été complètement refait pour ce concert, directement au
cœur des chansons avec vous 3 sur scène. Ca ne ressemble pas à ce que
vous avez fait la dernière nuit.
GJ : 2 nuits vous voulez dire (rires).
AD : Nous utilisons souvent des musiciens différents pour les concerts
alors le son change toujours. Mais hier oui… notre percussionniste
était là la nuit dernière au Rockefeller et il a joué avec nous depuis
20 ans et maintenant c’était juste nous 3 (rires).
GJ : Nous avons détruit tous les vieux sons et utilisé de nouveaux,
plus ou moins. Nous avons juste gardé les fichiers midi.
AD : Geir a même retrouvé son vieux synthé dans son loft.
GJ : J’ai retrouvé mon vieil ordinateur Commodore de 1983 et il marche
encore. J’ai inséré les disquettes et retrouvé tous les fichiers midi
et les ai enregistrés dans un Mac.
AD : Et toi Nils, tu doit retrouver tous tes échantillons Akai.
SL :
Même dans
les premières années quand vous jouiez, les chansons n’ont jamais été
aussi dépouillées, pour être honnête. Est-ce votre influence Geir ?
GJ : C’était mon idée oui. J’ai seulement tout viré (rires).
NJ : J’ai été autorisé à garder ma guitare quand même (sourires).
SL :
Approcher
les choses aussi radicalement, même le matériel qui a été sorti après
votre départ de Bel Canto, après l’album « Birds of passage » de 1989.
Je suppose que vous vous faites vraiment confiance.
NJ : Il faut se faire confiance. Nous avons testé quelques morceaux de
la période récente et avons fait comme si Geir faisait toujours partie
du groupe quand ces chansons ont été faites. C’est ainsi que nous avons
pensé.
AD : Cela demande un peu de temps pour murir avec Geir quand nous
devons jouer une chanson comme "Shimmering, warm and bright" cependant.
GJ : Quand ils sont joué le matériel pour moi j’étais comme : «
qu’est-ce que qui arriverait si nous enlevions ci ou ça ». Et nous
l’avons enlevé et de plus en plus. A la fin nous avions seulement le
rythme et les percussions métalliques de base. Ça peut facilement être
surpoduit si on joue tous les éléments plus les miens aussi.
SL :
Mais
retournons à ces éléments ethniques, comment avez-vous réconcilier
votre froideur Geir et les chauds éléments ethniques que Nils et Anneli
mettent dans leur matériel ?
AD : Négociations je dirais. Nous n’avons pas joué les chansons
ethniques hier mais on avait été invité à le faire.
SL :
J’ai noté
4 nouvelles chansons.
GJ : Oui, c’est correct, nous avons travaillé sur quelques nouveaux
morceaux pour ce qui pourrait être, avec bon espoir, un
nouvel album électronique.
SL :
Avec
espoir ? Nils, êtes vous d’accord ?
NJ : Bien sûr, c’est toujours bon de se rencontrer et de se tordre
l’esprit pour faire les choses. C’est une bonne synergie.
SL :
Geir,
quand vous avez quitté Bel Canto, quelles ont été votre premières
impressions quand vous avez entendu l’album « Shimmering, warm and
bright », le premier produit sans vous ?
GJ : J’ai aimé quelques uns des morceaux, mais je n’ai pas beaucoup
aimé les éléments ethniques. Comme le percussionniste. Je ne suis pas
trop comme ça.
SL :
Votre
propre matériel solo Geir est en effet très propre, clinique et
arctique je dirai. Nils et Anneli, vous êtes tous les 2 évidemment les
musiciens les plus influencés ethniques dans le groupe.
AD : J’aime chanter des chansons ethniques et j’ai tellement voyagé
autour du monde et écouté de la musique raï arabe et la musique
folklorique turque. En tant que chanteuse, c’est bien plus intéressant
et une façon de développer votre instrument vocal. C’est pour ça que je
suis arrivée un peu en retard, parce qu’au magasin ils ont de la
musique indienne et je l’écoutais. C’est de là que toutes les
techniques proviennent. Et personnellement je trouve que c’est plus
facile de faire des chansons sur le rythme 7/8 qu’en rythme 8/8. C’est
beaucoup plus difficile de chanter simple et droit. Quand j’avais 14
ans j’ai pris des cours de chant mais mon professeur refusait de
m’apprendre parce qu’il pensait que j’était une chanteuse affreuse et
que je ne deviendrai jamais chanteuse. Alors dans mon esprit
j’ai composé et triché et chercher à trouver un moyen. J’ai eu cette
fissure dans ma voix, ca a été une coupure, un changement de voix. J’ai
réussi à trouver ma propre technique pour changer mais dans ma tête, je
me disais encore « tu n’es pas une bonne chanteuse » (rires).
Je ne peux pas chanter droit comme les chants de Noël. Mais aussi j’ai
découvert alors que je commencerais à chanter mes propres chansons et
pas celles des autres.
SL :
Sauf dans
Idol.
AD : Je n’ai pas chanté la chanson de quelqu’un d’autre là ?
SL :
Si vous
l’avez fait, j’ai vu cette reprise que vous avez chantée avec Margaret
Berger, la fille que vous entrainiez dans Idol. C’était Peter Gabriel
et Kate Bush « Don’t give up » pour l’émission « Idol gir tilbake
». Vous l’avez vraiment dominée.
AD : Ah oui… non elle est bonne vous savez, c’était ma favorite
(rires). Je la rencontre en fait aujourd’hui. Vous savez, les gens
d’habitude ne sont pas impressionnés par une voix basse, ils sont
impressionnés par la féminité mais pas par la voix. Les gens ont été
aussi impressionnés par la chanson que j’ai faite avec Röyksopp, «
Wuthering heights ». Pour moi c’est plus une imitation, c’est ainsi que
j’ai appris à chanter sur les disques que mon grand frère achetait à
Londres. Sans lui, je ne serais pas là où je suis maintenant parce que
j’ai eu ce terrible goût pour la musique. Il jouait comme Joy Division,
DAF, Psychic TV. Non, Cocteau Twins est venu un peu plus tard, mais
j’ai commencé à écouter des personnes qui chantent avec des voix douces
et j’ai noté qu’on peut vraiment chanter comme ça.
Avant j’écoutais Withney Houston, des trucs terribles comme ça, et je
faisais comme ça (et elle commence à chanter ) « Oh I want to dance
with somebody », je ne pouvais pas du tout chanter ça, ça cassait ma
voix. D’autres groupes où j’ai appris cette façon étaient Bryan Ferry,
Roxy Music où le chant est très doux et lisse. Plus tard j’ai appris de
Cocteau Twins. J’étais si entièrement impressionnée par le son et j’ai
pensé honnêtement que c’étaient deux personnes, dont je ne
pouvais croire qu’une personne puisse avoir ce genre de gamme.
SL :
Quand Geir
vous a quitté en 1989, comment t’es-tu sentie Anneli ?
AD : Et bien, j’ai compris sa décision d’un point de vue logique mais
émotionnellement c’était comme perdre son petit copain, comme se
séparer. J’étais si jeune et le groupe était tout pour moi. Aussi, le
lendemain nous avions un concert radio à Paris et nous n’avions pas
beaucoup dormi cette nuit et avions tout à programmer parce ce que nous
n’avions pas sa programmation. C’était vraiment le stress total et la
panique.
Si nous l’avions su quelques jours à l’avance… (note de l’éditeur : à
ce point Anneli se tourne vers Geir qui dit « vraiment, je ne me
rappelle pas de ça. »).
Je pouvais comprendre ça d’un point de vue artistique. Déjà sur « Birds
of passage » ça devenait clair que nous voulions des choses
différentes. Tous les 3 nous faisions des chansons tout le temps et
nous n’avions pas assez de nos propres chansons parce ce que ça variait
tellement dans le son et le style.
Je n’ai pas voulu presser Geir de reconsidérer la chose. Si il voulait
faire quelque chose où il était heureux à 100 %, alors OK. J’ai
vraiment souhaité ça pour lui.
GJ : Nous vivions aussi dans des villes différentes, je vivais à Tromsø
pendant que Nils et Anneli vivaient à Oslo. J’étais plus dans la music
techno, j’aimais vraiment ça. Je ne voulais pas imposer ça dans Bel
Canto.
SL :
Ça ne vous
a pas empéché d’avoir Anneli sur votre sortie de Bleep.
AD : C’était un vieil échantillon, pas physique (rires). Ça a
aussi aidé Nils à redevenir un instrumentaliste, à lui donner plus
d’espace pour jouer des instruments.
NJ : Nous commencions à faire beaucoup de shows en live qui nous a
poussé à enregistrer des chansons comme sur l’album « Shimmering, warm
and bright ». Certaines chansons étaient développés sur la route où
nous testions les choses. Quelque fois nous étions comme 5 personne sur
la scène et c’était vraiment bien. C’est dur de jouer seulement avec
une machine. Vous n’avez pas d’incidence sur le retour, car la machine
fait exactement ce qu’elle doit faire. Quand vous jouez avec des
personnes, vous pouvez interagir et toutes les imprecisions qui
apparaissent quand les personnes jouent nous enrichissent.
GJ : Et bien, c’est plus comme taper les beats correctement, pas la
longueur des pistes. Tu dois être précis.
NJ : Oui, tu dois compter les mesures. Quand tu joues avec d’autres
personnes tu ne peux pas le faire tout le temps.
SL :
Est-ce que
l’implication de Geir enlève de la pression que vous aviez dans le
groupe à faire de la musique ? Depuis 2002 vous n’avez rien sorti de
nouveau.
AD : Je fais tellement de chansons, pour moi ce n’est pas vraiment un
problème. J’ai juste abandonné l’idée de les sortir. J’ai eu tant de
bagarres avec la maison de disque, leur envoyant beaucoup de démos et
essayant de travailler avec différents producteurs mais ils ne veulent
pas les sortir. Et puis j’ai eu 2 enfants en 2006 et 2007 et puis j’ai
commencé à travailler au théatre et à tourner avec Röyksopp. Alors je
n’ai pas vraiment eu le temps de m’asseoir. En fait, j’ai l’habitude
d’avoir des chansons seulement stockées sur mon disque dur et sur
Itunes. J’écoute mes propres chansons et je ne me préoccupe pas de
savoir si elles vont sortir ou non. Oui, c’est arrivé à ce point.
SL :
C’est
assez bizarre alors que le label a trouvé le temps de sortir le remix
d’anniversaire de « My Emily » en 2009. « My Emily » a 5 ans…
AD : C’est un gars qui m’a envoyé la cassette comme un cadeau
d’anniversaire et je l’ai vraiment aimé. Je ne sais pas comment il a su
que c’était mon anniversaire, il l’a juste fait à l’improviste, alors
je l’ai joué pour EMI. C’est en effet curieux que ça soit sorti, mais
pas le nouveau matériel qui est en veilleuse.
GJ : C’est ce qui est super de travailler avec une compagnie
importante. La compagnie décide tellement de choses.
AD : Ils pensent vraiment que j’ai un voix formidable et pourrais
grandir. Grand en Norvège signifie que tu dois faire et chanter de la
musique que les gens ordinaires achètent. Ils suggèrent que je devrais
chanter en norvégien, et faire des duos avec des chanteurs
norvégiens…
GJ : Compagnie stupide… (rires)
AD : … et que d’autre chanteurs fassent des chansons pour moi. Ils ont
même suggéré que je fasse un album de reprise de Chet Baket parce que
j’ai fait une chanson avec Chet Baker pour une sortie de Chet Baket et
ils ont pensé que c’était brillant. Vraiment brillant. Alors je suis
venue avec une suggestion d’un producteur avec qui je voulais
travailler. Une demi année plus tard il travaillait avec un autre
artiste d’EMI. Alors ils ont volé mon idée. Non, je ne dirai pas qui,
ça a fait un album terrible de toute façon.
SL : J
e pense
vraiment que c’est ce qui a tué la créativité de Bertine Zetlitz. Je me
souviens que EMI norvège m’a envoyé son single quand ils faisaient la
promotion de votre album « Frolic » en disant que ça pourrait nous
intéresser aussi. J’ai aimé le premier travail qu’elle a fait mais j’ai
été moins impressionné par son travail suivant.
AD : Vraiment je trouve ça terrible quand les gens la comparent à moi.
La seule chose que nous avons en commun c’est la couleur de nos yeux.
C’est tout. J’aime son style et sa musique cependant. Elle fait des
chansons inhabituelles et mérite tout le crédit qu’elle peut avoir.
Bien sûr elle a 10 ans de moins que moi. Musicalement nous n’avons pas
trop de choses en commun cependant. Nous sommes pourtant amies. C’est
la compagnie de disques qui nous fait nous opposer. C’est juste du
marketing et des affaires.
SL :
J’ai
entendu que vous travailliez sur une musique de film de Nathilde
Overrein Rapp ?
AD : Oublions cela, c’est une idée qu’elle a eu mais nous n’avons
jamais eu de retour à ce propos. Nous ne savons pas si ça a eu un
financement. Pour avoir un financement, elle devait mettre nos noms
dans la demande et nous avons été d’accord. Question suivante s’il vous
plait (rires).
GJ : Où avez-vous déniché ça ?
SL :
Sur
internet Geir. Alors, ça aurait été bien d’avoir un mix de « Insomnia »
que vous avez composé Geir et « The Nest » par Ketil Bjørntad qui est
une belle musique de film que vous avez chantée Anneli…
AD : Je me suis réveillée ce matin et j’ai réalisé que j’ai
oublié d’inviter Ketil au concert la nuit dernière, ce qui est vraiment
ennuyeux… Il a été mon principal professeur de chant depuis que je suis
allée en tournée avec lui depuis 10 ans maintenant. Seulement lui et
son piano et moi sur scène. Tu dois devenir assez confiant et il m’a
montré comment faire cela. Cela fait que je n’ai plus besoin de me
cacher derrière plein de sons et de programmation.
SL :
Dans le
passé, votre voix sur les albums de Bel Canto avait pas mal de
réverbération, sur le matériel suivant la production était plus apurée.
GJ : Je pense que c’était un effet de mode. Non je plaisante. Ça
devient de plus en plus apuré cependant. Je ne pensais pas que je
mettais tant de réverbération sur ta voix sur les 2 premiers albums
cependant.
AD : Tu le faisais Geir !
GJ : Oh vraiment ? Ok… mais je pense que sa voix n’a pas besoin de
reverbération ou de retard.
SL :
En
écoutant les 4 nouvelles chansons la nuit dernière, je dirais que vous
êtes revenus aux trucs aériens.
GJ : C’est l’ingénieur du son, nous lui avons demandé de rester apuré.
Je n’aime pas que vous me disiez ça, je voulais que cela rester apuré
sans aucun effet. Ça n’est pas nécessaire de mettre de la réverbération
sur n’importe quoi, ça sonne trop facile.
SL :
Pourquoi
n’avons nous pas eu la chance d’écouter un album live ou même un EP ?
Il y a occasionnellement des chansons live qui apparaissent ici ou là
mais à part des bootlegs, il n’y a rien d’officiel qui a été sorti.
AD : Oui, bien.. Je déteste m’entendre chanter en live parce que je
n’ai pas la tranquilité dans ma voix comme je l’ai d’habitude en
studio. Je n’écoute jamais des enregistrements live. Quand je vois
quelque chose sur youtube, je zappe !
NJ : Nous y avons pensé de temps en temps, mais c’est plus une question
pratique. Il faut enregistrer plusieurs concerts et il y a beaucoup de
travail à faire.
AD : En plus nous n’avons pas beaucoup tourné ces dernières années. Et
les deux derniers concerts n’étaient pas assez pour faire un
enregistrement, nous ne nous sentions pas assez bien. C’est toujours un
concert ça et là et alors on ne ne sent pas assez préparé pour faire ça.
SL :
Comment
vous sentez-vous après les 2 concerts que vous avez fait maintenant ?
GJ : Je voulais faire de nouveaux morceaux plutôt que jouer les
anciens. Nous avons joué 2 nouveaux et 2 anciens morceaux hier qui
n’ont pas encore été sortis.
AD : Non, il n’y en a pas 2 anciens. Nous avons joué 3 nouveaux
morceaux incluant « Lake Ice » et « Infinity ». Le vieux que nous avons
joué est le morceau « Papillon » d’une démo de 1987/1988.
SL :
Geir,
depuis le début vous avez eu cette pensée indépendante que j’ai
retrouvée dans tout vos mouvements dans votre carrière musicale. Vous
ne vous occupez pas de ce que les autres pensent, vous faites juste ce
que vous voulez. Si je regarde les quelques premiers albums solo,
incluant le matériel Bleep, vous faites juste ce que vous voulez faire.
Alors est-ce que la réunification avec Nils et Anneli devient votre
principale attraction ou juste un projet le long de la route ?
GJ : Bien, je suis assez chanceux d’avoir une compagnie telle que Touch
qui me permet de sortir a peu près tout ce que je fais. Ils discutent
seulement le graphisme de la pochette et l’ordre des morceaux mais
c’est il ne se mèle que de ça. Pour moi, j’ai fait cela parce que nous
y avons été invité. J’ai juste travaillé quelques semaines avec Bel
Canto. Nous pouvons essayer de faire un album électronique, ça serait
fun.
AD : Je pense que c’est bon maintenant, nous sommes adultes et avons
d’autres projets de côté. Quand nous avons déménagé à Bruxelles, Bel
Canto était tout pour nous. C’était aussi la principale chose qui a tué
le groupe. Nous étions des individus très indépendants qui voulions
faire d’autres choses à côté. C’était très consommateur et tout. Tout
le revenu dépendait de Bel Canto et mon identité artistique était à
travers Bel Canto.
C’est plus un projet qu’un groupe. Pour le moment c’est comme ça. Nous
verrons si un nouvel album et une tournée suivront alors nous pourrons
être de nouveau Bel Canto. Je pense que c’est salutaire d’avoir
d’autres choses à côté.
GJ : Je ne veux pas aller en tournée comme un groupe important.
SL :
Est-ce que
vous vous mettez une date limite ?
GJ : Non.
AD : Je crois que nous devrions, mais on peut toujours repousser la
date limite.
GJ : J’ai eu tellement de dates limites récemment lorsque j’ai
travaillé sur 3 ou 4 projets alors je ne ne veux pas d’autres dates
limites maintenant. C’était la dernière date limite, demain je veux
finir un autre projet.
NJ : Pour Geir la date limite est que la date limite dépasse demain
(sourires).
AD : Je vais être aussi plutôt occupée maintenant. Je travaille mieux
quand j’ai de la pression et beaucoup de choses à faire. Si nous avons
du nouveau matériel et nous nous l’envoyons je peux travailler dessus
assez vite dans la nuit quand les bébés dorment et mon mari peut les
réveiller et puis les emmener au jardin d’enfant, ouais, c’est ok et je
peux travailler aussi bien le jour (rires).
GJ : Les nouveaux morceaux ont juste une semaine. Je les ai envoyés à
partir d’essais que j’avais dont je pensais qu’ils avaient quelque
potentiel et qui pourraient bien aller avec sa voix. Je leur ai envoyé
et le lendemain le morceau était plus ou moins fini.
SL :
Nils,
l’instrument dont vous avez joué la nuit dernière, je l’ai déjà vu
avant, mait comment s’appelle t’il ?
NJ : C’est un instrument à percussion, un Chapman Stick qui est
instrument de percussion à 2 mains avec un manche de guitare. Il a 5
cordes de basse et 4 cordes de guitare. Je l’ai acheté à Paris il y a
quelques années et commencé à jouer avec. C’est un instrument différent
et un peu difficile par rapport à la guitare.
AD : La chanson jouée la nuit dernière avec juste lui et moi était
faite avec le Chapman Stick.
NJ : L’album « Rush » a été partiellement fait avec cet instrument, le
petit titre « Rush » par exemple. Tu peux facilement te retrouver à
jouer des choses complètement différentes avec cet instrument, qu’avec
une guitare.
SL :
Nils, que
s’est il passé avec Vajas, le projet saami que vous avez avec Ande
Somby et Kristin Mellem ?
NJ : Bien, c’est en attente…
AD : C’est une situation à la Cocteau Twins là (rires).
NJ : Ande et Kristin était en couple. Alors quand ils se sont séparés,
le groupe s’est un peu séparé aussi . Nous verrons ce qu’il va se
passer, mais c’est un projet très intéressant. Je suis heureux du seul
album « Sacred stone » que nous avons fait. Nous avons voyagé de par le
monde, même dans un désert avec mon portable sur un chameau. C’est ce
qui arrive quand vous faites de la musique ethnique, vous êtes invités
(rires). J’ai joué dans un festival au Sahara, joué à Taiwan, aux Etats
Unis… ça nous a emmené vers des endroits intéressants.
C’était un projet consommateur de temps cependant parce ça n’était pas
rationalisé. Kristin par exemple est une musicienne classique qui pense
plus en terme de musique métrique pendant que Ande est plus l’enfant de
la nature. Et le placer dans le cadre d’un studio avec des notes, des
comptages et des mesures est une sorte de bataille qui créé également
une belle énergie.
(
Vajas sur iTunes)
Anneli Drecker et Magaret Berger "Don't give up"Source Stellina - pour voir les photos de Stellina au concert d'Oslo, cliquez
ici.
20.09.2010 : Tono.no
voir l'article original
LA FEMME DU TOUT
POSSIBLE
Anneli pense que c’est le pire quand rien ne se passe autour d’elle.
C’est rarement un sujet de préoccupation quand on est artiste de scène,
chanteuse, actrice et mère de jeunes enfants.
Par Anne Lene
Østli -
photos
Anne Lene Østli
- Il y a un peu de stigmatisation
dans la maternité. Il y a une telle facilité à dire que finalement «
une mère ne devrait pas laisser ses enfants ». J’ai heureusement réussi
à me détacher de cela.
Lorsque Anneli Drecker joue en concert, son compagnon et père de ses
deux plus jeunes enfants, s’occupe d’eux à la maison. Ils ont deux
enfants ensemble, Peter âgé de 2 ans, et Luna qui en a 4.. En outre,
elle a sa fille Iris âgée de 14 ans, de son ancien compagnon.
- Je vois que les enfants sont mieux servis si je voyage et je fais des
concerts, et que quand je rentre chez moi, je suis présente à 100%, que
si je ne suis seulement là qu’à moitié. Je préfère être un peu loin des
enfants, que d'être une personne qui tourne en rond et est amère parce
ce qu'elle n'a pas rempli leurs souhaits, déclare Anneli avec un
sourire sur son visage.
- En 2009, j'ai voyagé 150 jours, c’était extrême. Mais ce n'est
évidemment pas comme ça chaque année. Certaines années, c’est tout à
fait tranquille. Surtout si vous travaillez en studio pour faire un
nouvel album.
Anneli était en vacances à Oslo cet été, après avoir navigué sur le
fjord d'Oslo en famille. Ils ont suivi les conditions météo et le
programme des festivals de maman. Le programme les a envoyés à
Kongsberg, où Anneli jouait avec Röyksopp au Jazz Festival de Kongsberg.
Le temps changeant a fini par les renvoyer à Oslo, où ils sont resté
avec des amis.
- Je n'aurais pas autant voyagé si il n’y avait eu personne pour
surveiller la maison.
Mais c’est un peu bizarre, je vais en tournée avec de nombreux hommes
qui ont aussi des enfants en bas âge - la différence est qu'ils ont des
femmes.
Il n'y a pas se vanter que leurs femmes s'occupent des enfants. Mon
mari reçoit beaucoup d'éloges! Et il le mérite certainement, ce n'est
pas le problème, mais ça devient seulement un peu le monde à l’envers.
Pourquoi
pensez-vous que c'est comme ça ?
- Je pense que les gens
associent artiste et célébrité. Ils pensent que
je choisis d'être une artiste parce que je veux être célèbre. Ce n'est
pas vrai. J'ai créé ma propre éducation en tant que musicienne depuis
longtemps, et c'est une profession où je suis heureuse. Et je suis
heureuse que cela soit bénéfique pour ma famille. Anneli fait cliqueter
les glaçons dans son verre.
Anneli a la quarantaine, et même si elle n'a plus un nom très
à la mode dans l'industrie de la musique, elle est sans doute une femme
occupée. En règle générale, elle a un projet en cours sur
5 - qu'il s'agisse d'un projet solo, Bel Canto, les arts du
spectacle ou de théâtre. En tant qu'artiste solo, elle a collaboré
avec, entre autres, A-ha et Röyksopp.
En compagnie du pianiste Ketil Bjørnstad, elle a fait trois albums et
composé la poésie. Pour n'en citer que quelques-uns.
- Ketil Bjørnstad est un musicien et pianiste fantastique, et de
travailler avec lui a peut être été la meilleure école pour monter sur
scène. Il vous suffit d'oser tenir debout et juste chanter un peu plus
d'une heure, sans beaucoup d'effets, de sons et de synthés. Il vous
suffit de donner. Il m'a donné un grand sentiment de sécurité, en tant
que chanteuse et de la personnalité sur scène.
Y a t-il un
contexte, où vous évoluez le mieux en tant qu'artiste?
Anneli réfléchit, pendant qu’elle joue une nouvelle fois avec les
glaçons dans le verre.
- Cela dépend. « L’école A-ha » a également été très bonne !
Il y a quelque chose de spécial à jouer devant 60 000 personnes. De la
grosse machine A-ha, à la petite scène intimiste avec Ketil Bjørnstad -
à l'intérieur du spectre, il y a beaucoup à apprendre.
- Mais je me sens vraiment à l’aise également dans le salon, quand je
suis assise seule et que je pianote. Quand les enfants sont à la
maternelle et que je vais boire mon deuxième café.
Anneli est calme et regarde en l'air.
- Je me sens très chanceuse d'être cette femme qui monte sur scène et
connaît tout cela. Aussi, je suis privilégiée d'avoir tant voyagé ! Je
vis une sorte de vie de marin. Mon dicton, c'est "Une fois un marin,
toujours un marin." Je vais devenir incroyablement agitée!
Comment ce style
de vie s’est formé, pensez-vous?
- J'ai appris pour me sentir bien avec moi-même que j'ai besoin de
supporter de voyager tellement. Partout où l’on va, on part avec toutes
les humeurs de l'esprit et les pensées et les rêves que l’on a à la
maison. Ils sont vraiment renforcés lorsque vous voyagez. Il faut avoir
une vie quotidienne très stable et sure pour que je réussisse à voyager
tellement. J'ai la chance d'avoir une famille quand je rentre à la
maison! C’est la meilleure base qui soit.
Il fut un temps où la vie d’Anneli consistait à fréquenter une maison
des jeunes à Tromsø. C’était le lieu où ceux qui écoutaient The Cure,
The Smiths et Depeche Mode se réunissaient pour faire de la musique ou
faire preuve de créativité par d'autres moyens.
Son frère aîné de 5 ans, Per-Arne, a été son professeur. Il
tenait à disposition sa collection, qui était remplie de disques qu'il
avait achetés à Londres. Anneli avait 16 ans et, comme la plupart des
autres adolescents à la mode de l'époque, se maquillait au Kajal et
utilisait d'énormes quantités de laque. Les gars se battaient sur
l'opportunité de jouer dans un groupe avec elle. C’est là qu’elle a
rejoint le groupe Bel Canto.
- J'étais dans un groupe de synthés avec trois gars appelé « The
Missing Link », déclare Anneli en souriant.
J'ai donc fait un concert avec eux à Noël 1985. Là, dans la salle, se
trouvaient Geir Jenssen et Nils Johansen, qui étaient à la recherche
d'une chanteuse pour leur groupe Bel Canto. Ce fut un divorce assez
dramatique avec « The Missing Link »! Un peu comique d’y penser
maintenant.
Connaissiez-vous
Nils et Geir avant ?
- Nous sommes allés à l'école ensemble. Nils avait deux ans de plus que
moi et jouait dans le groupe punk Peder X-EM, et j'avais l'habitude de
les écouter dans le sous-sol de l'école. Ce que je ne savais pas c'est
qu'ils avaient l'habitude de m'écouter, alors que je pratiquais le
piano dans la salle de musique. Anneli sourit.
Pendant l'été 86 Anneli et le reste de Bel Canto ont acheté un billet
Interrail et se sont rendus à Londres et à Bruxelles pour tenter leur
chance auprès de diverses maisons de disques. Des cassettes de
démonstration avaient déjà été envoyées. S’ils devaient vivre de leur
musique, il fallait chercher fortune en Europe. A Bruxelles, ils ont
attrapé le label Crammed Discs. Anneli n’avait même pas 18 ans, alors
quand ils ont signé le contrat, ses parents ont contresigné.
- On n’est jamais aussi grand que lorsqu’on sort son premier disque.
Nous avons beaucoup tourné les deux premières années. Nous avons joué,
entre autres autour des Pays-Bas, de la France et de la Belgique, sur
les scènes où des groupes dont nous étions fans avaient joué. C'était
génial. Mais quand je suis revenue sur les mêmes scènes plus tard, j’ai
vu que c’était juste des petits clubs locaux. Anneli rit.
- C'est étrange, maintenant que j’ai 41 ans. Quand je me souviens de
l'époque à Bruxelles, c'est comme si je me rappelle d’ une vie
complètement différente. C'est comme si l'on a plusieurs vies dans la
vie en quelque sorte. C'est assez fou. C’était vraiment une vie folle.
Je ne voudrais pas y envoyer ma fille maintenant, pour dire les choses
de cette façon.
Pourquoi pas?
- Il y avait beaucoup de tentations, et de rock and roll. J'ai vu
beaucoup de gens dans cette industrie qui ont vécu une vie difficile,
alors j'ai décidé assez tôt que si je voulais durer, je devais vivre
sainement.
Geir a quitté le groupe Bel Canto avant la sortie de « Shimmering, Warm
& Bright » en 1992 et depuis lors Bel Canto a été un duo. Pour
la première fois en presque 20 ans, ils ont joué dans leur
équipe d'origine au festival Døgnvill, à Tromsø, 2.-4. Septembre. En
outre, ils vont jouer deux spectacles : au Rockefeller à Oslo le 24
septembre, et au Byscena à Trondheim, le 25 Septembre.
Est-ce que Bel
Canto a conservé les sonorités des années 80 lors des concerts que vous
jouez aujourd'hui?
- Bel Canto a fait de la musique et a sorti des disques dans les années
80, alors bien sûr nous avons encore un son des années 80,
Anneli rit.
Cet hiver, Anneli jouera Kristi Brud dans la mise en scène de Knutby au
Théâtre Hålogoland de Tromsø. La production sera dirigée par Kjersti
Horn et la Première aura lieu en Janvier. Pour le moment, Anneli est
employée par l'opéra « Nous élevons nos têtes dans la honte » avec
Ferske Scener, dont la première a eu lieu en été. Ici Anneli donne un
visage au capitalisme à travers le rôle de Mme Fu. Mais c’était quand
elle a joué une psycho-geisha dans « La fièvre de Hamsun » l'an
dernier, qu’Anneli m'a donné le goût d’être quelqu'un d'autre que
soi-même sur scène. La même chose s'applique quand elle est sur scène
avec Röyksopp, où Anneli donne souvent la parole aux femmes artistes
travaillant avec Röyksopp.
- J'ai plus reçu le sens de l’art pour le moment. Au lieu de penser:
«Oh, maintenant, je dois enregistrer un album magnifique, qui vend
beaucoup, et je dois défendre ce produit dans toutes les interviews
pendant quatre ans." La seule chose qui reste après une représentation
théâtrale est un costume et une affiche! Il n'y a rien de décrit. Ca
serait absolument absurde pour moi. Le fait est que les choses sont
périssables.
A un moment, le rêve d’Anneli Drecker était d'être actrice. Elle est
apparue dans des films tels que « Frères et sœurs sur la Terre de Dieu
» (1983) et « Les Sept Péchés capitaux » (2000). Elle a recherché
longuement une École de théâtre, avant qu'elle ne se focalise plutôt
entièrement sur la musique.
- En tant qu'artiste, il est juste important de pouvoir se
tenir debout sur une scène. Que ce soit pour chanter ou pour jouer un
rôle.
Anneli est calme.
- C’est un immense privilège. Je préfère faire cela, que de se cacher
dans un studio pendant ans et alors peut-être faire cinq concerts
autour de la Norvège. Mais c'est vraiment le rêve d'être en mesure de
combiner ces choses.
Ne pouvez-vous
pas le faire ?
- Et bien, pas à ce jour »,
sourit Anneli.
Avec trois enfants, les concerts et les pièces de théâtre, Anneli a
assez à faire. Elle fait cela depuis le début de sa carrière il y a 20
ans.
- Vous pouvez voir ça comme une sorte de carrousel. Jusque-là je me
plaisais à m’asseoir à la pointe, où ça va le plus vite et où on peut
voir le monde.
Mais maintenant, après deux grossesses en deux ans, alors c'est comme
si je me déplace lentement vers le pignon au milieu où ça tourne
lentement. Je suis sur le même carrousel, mais maintenant j’ai une plus
grande vue d’ensemble", dit Anneli en mimant un carrousel.
Pourquoi c’est
arrivé, pensez-vous?
- J'ai vieilli. Je ne supporte plus autant la vitesse. Si je m'aperçois
que cela va trop vite dans ma tête, je prends une marche pour
m’éloigner du fouillis. J'ai besoin de libérer de l'espace à la
créativité. Souvent, c’est pendant la nuit et le matin. Une parole de
chanson, ou une seule phrase peut entrer dans l'esprit et doit être
écrite avant de l’oublier. Je dois me lever dix minutes avant tout le
monde, pour rassembler mes idées avant que les deux enfants commencent
à sauter sur moi. Que je ne trouve pas de débouchés à ma
créativité serait tout à fait ridicule et me mettrait de mauvaise
humeur, alors c’est au meilleur de chacun, Anneli sourit et joue avec
le glaçon qui reste.
N’y a t’il
jamais trop à faire ?
- Le pire pour moi, c'est vraiment quand rien ne se passe. Comme cet
hiver, pendant cinq mois où je n’avais rien à faire. C'est vraiment le
revers de la médaille en étant dans cette industrie. Lorsque les choses
se passent, tout se passe en même temps. Il faut finalement se retirer
des choses. Anneli est pensive.
- Si j'avais fait une sorte de diagnostic ces jours là, j’aurai utilisé
la lumière ADHD. Je suis une personne très agitée. Il doit toujours se
passer quelque chose.
C’est peut être un avantage dans l’industrie dont vous faites partie ?
- Oui, absolument. Mais on doit faire des réserves pour toutes ces
périodes creuses où il ne se passe pas grand chose. Pendant ces
périodes je sors le tricot ou quelque chose à lire. Au fond c’est
vraiment bien quand en fait je fais de la musique.
- traduit par Google et Valerora -
02.09.2010 : NRK voir l'article original (vidéo)
ENSEMBLE, APRES
20 ANS
Bel Canto,
le groupe de Tromsø a été parmi les premiers en Norvège, à faire de la
musique avec l'ordinateur comme élément principal .
Après avoir constaté le succès en Europe, le groupe s'est
transformé en duo. Mais au Døgnvill Festival à Tromsø ce
week-end, ils montent sur scène avec la distribution originale - pour
la première fois en 20 ans .
Le Festival Døgnvill a réuni un Bel Canto qui ont été séparés
par leur carrières et la géographie .
Geir Jensen a quitté le groupe Bel Canto il ya
20 ans et est devenu internationalement connu sous le nom de Biosphère
. Nils Johansen et Anneli Drecker ont continué Bel Canto en plus de
leurs propres projets .
Les deux ensemble et séparément sont les doyens de la
communauté électro norvégienne . Et c'est une version modernisée de
l'ancien Bel Canto qui se présente maintenant devant le public.
Bien qu'ils existent depuis de nombreuses années , ils sont
tendus avant le concert de samedi.
Article de
Fredrik Norum
- Traduit par Google -
08.07.2010 : NRK voir
l'article original
ANNELI DRECKER SE
LANCE DANS L'OPERA
Anneli Drecker, chanteuse de
Bel Canto mais aussi artiste solo, va jouer un des rôles dans le nouvel
opéra norvégien de la troupe de théâtre Ferske scener à Tromsø .
La représentation s'intitule « La tête dans la
honte » et est un mélange de fable et de fortes critiques de
la société. L'avant-première se déroulera lors du festival Festspillene
i Nord-Norge en Juin.
-Mon rêve a toujours été de jouer la comédie, mais là encore
je suis dans les griffes de la pop musique. C'est très amusant de
travailler avec quelque chose que je brûle d'envie de faire.
Quoi qu'il en soit, c'est d'être un artiste sur scène, chanter et
accomplir une part du même boulot, déclare Anneli Drecker à NRK.
Anneli Drecker a déjà fait du théâtre, dernièrement au Théâtre
Hålogaland. Mais là elle joue ce qu'elle appelle son premier rôle avec
des répliques et pas seulement des chansons et du son. « La
tête dans la honte », opéra fable et critique de la société,
dont le scénario a été écrit par Kristin Bjørn et Bjørn Are Dypås. La
musique est signée Erik Stifjell, avec l'aide des improvisations de
Drecker, entre autres.
-je suis extrêmement nerveuse quand on m'arrête dans la rue pour me
dire qu'on a lu dans le journal que j'allais chanter de l'opéra. Je ne
suis pas une vraie chanteuse d'opéra, je vais chanter avec la voix que
j'ai, déclare Drecker.
Ce sont des textes chantés, et là tu trouves la définition de l'opéra.
Mais ce n'est pas du style que l'on s' attend à entendre dans un opéra
moderne et romantique, ajoute le compositeur Stifjell.
Il est encore trop tôt pour juger puisque la plupart des morceaux de
musique sont encore dans son ordinateur. Mais sur le papier on trouve
un scénario qui est susceptible d'ébranler un peu le public. Il s'agit
de savoir pourquoi on n'est si peu engagé en politique et pourquoi nous
ne faisons pas davantage dans la société.
Pourquoi ne prenons-nous pas plus de responsabilité ? Est-il possible
de le faire au théâtre ? Nous avions envie de faire une représentation
qui appellerait à la fantaisie et aux sentiments aussi, pour ne pas que
cela soit juste une revue documentaire d'impuissance, déclare la
scénariste Kristin Bjørn.
Elle veut purement et simplement revitaliser la démocratie.
Nous avons une perception des choses à travers les médias et la plupart
des décisions de la sphère économique sont prises par d'autres
instances que le peuple. Nous souhaiterions que les décisions
appartiennent au peuple et non à quelques multinationales capitalistes.
« la tête dans la honte » se tiendra en
avant-première au festival Festspillene i Nord-Norge en Juin. Puis à
l'automne les cinq comédiens et trois musiciens seront sur scène au
Théâtre Hålogaland.
Plus tard se sera au tour de la capitale. Et là, Anneli Drecker
incarnera le capitalisme.
- « Fru Fu » (Madame Fu) est le capitalisme. Celui
que la société adore mais qui en même temps est une charge. Nous
faisons de plus en plus, car nous voulons avoir beaucoup. Madame Fu est
celle qui va voir ce dont les gens ont besoin. Elle est un peu
euphorique de temps en temps, ce qui la rend souvent sympathique. Et ça
passe aussi par le fait de la chanter avec une voix d'opéra stridente,
déclare Drecker.
Article de
Tonje Bergmo et Hege Iren Hanssen
- Traduit par Vuggevise -
17.06.2010 :
NORDLYS.NO voir l'article original
LE BEL
CANTO DES DEBUTS DE RETROUVE
Pour
la première fois depuis 20 ans les membres de Bel Canto vont rejouer
ensemble. Anneli Drecker, Geir jenssen et Nils Johansen se réunissent à
nouveau et sont prêts pour le festival de Døgnvill.
On va jouer nos vieux morceaux dans des conditions arctiques, raconte
Anneli Drecker.
Mais nous pouvons aussi garantir que nous venons pour jouer de nouveaux
morceaux, rajoute Nils Johansen.
Mardi dernier le groupe populaire de Tromsø a fait connaître qu'il sera
sur scène au festival de Døgnvill le samedi 4 septembre. Et cela fait
un peu moins de 20 ans que les trois membres du groupe n'étaient pas
montés sur scène ensemble.
C'est une bonne occasion pour nous de jouer à nouveau ensemble. Et pas
seulement parce que nous habitons tous les trois à Tromsø, explique
Anneli.
Elle constate que chacun des trois membres s'est exprimé dans sa propre
musicalité artistique, mais que c'est extrêmement drôle de se retrouver
ensemble après tant d'années et que justement cela se passe à Tromsø.
Nous sommes tous les trois habitués à jouer devant un grand public, et
je ne sais pas si ce sera très différent de jouer devant le public de
Tromsø, déclare Anneli.
Et là elle pense un peu à elle et dit :
Ouais, ça peut être vraiment spécial. Je crois que je suis aussi
nerveuse que lorsque j'avais 16 ans. Cela peut être bien.
Les trois musiciens n'ont pas encore commencé à répéter ensemble avant
le concert. Mais ils comptent bien venir pour jouer de vieilles
chansons connues mais aussi avec de nouvelles orchestrations.
Nous venons pour en jouer sous une nouvelle forme. Mais d'un autre côté
on peut aussi dire que notre musique est restée contemporaine, déclare
Anneli.
Nils Johansen confirme que le groupe a à sa disposition des titres qui
ne sont jamais sortis. C'est pourquoi il ose affirmer que ce sera une
première pour quelques titres mais il n'en rajoute pas plus.
Article et photo de
Stein S. Fredriksen
- Traduit par Vuggevise -
24.01.2007 : NORDLYS.NO
voir l'article original
C’ETAIT UN
LUXE INCROYABLE !
Hier Anneli Drecker a été honorée du
prix Nordlys par toute la musique du Nord de la Norvège.
‘C’était un luxe extraordinaire de
recevoir ce prix dans ma ville, déclare t-elle.
Par Stein Fredriksen
C’est
dans
une maison de la culture comble qu’Anneli Drecker de
Tromsø a été honorée du
prix Nordlys de cette année pour son enjeu musical
exceptionnel.
Parmi les motivations du jury on parle entre autres de sa contribution
à apporter un ‘son’ du Nord de la
Norvège au monde entier.
« Je suis incroyablement heureuse et c’est vraiment
amusant de recevoir ce prix ici dans ma propre ville »,
déclare Anneli à Nordlys.
A en juger par les applaudissements du public,il n’y avait
aucun doute que c’est l’ensemble du monde musical
du Nord de la Norvège qui a honoré Anneli Drecker
.
Racines à Tromsø
« Cela fait déjà quelques
années que j’ai habité à
Tromsø, mais j’y ai mes racines musicales. Donc
c’est amusant que cela arrive ici. C’est aussi
spécial pour moi de recevoir le prix Nordlys, puisque
Nordlys a toujours été quelque chose de
spécial pour moi. »
Elle raconte qu’elle a été
très contente et émue lorsqu’elle a
reçu l’annonce de Nordlys qui lui disait
qu’elle était la gagnante de cette
année.
« Cela me donne une occasion de revenir à
Tromsø. Je compte rester quelques jours et
espérons que je puisse faire quelques concerts »,
avoue t-elle.
« C’est vraiment un grand honneur pour moi et je
suis très contente. Je veux remercier à la fois
la ville de Tromsø et le festival de Nordlys pour ce prix.
Je voudrais remercier par la même occasion ma famille et Nils
Johansen de leur soutien », déclare Anneli.
Maman
Pour le moment Anneli Drecker est occupée à
être maman de sa fille de dix mois.
« Je suis encore un peu à l’allaitement
mais c’est si agréable », confie t-elle.
Mais elle raconte qu’elle a de nouveaux projets en cours.
Elle ne veut pas donner plus de détails, mais elle
espère pouvoir produire un nouveau disque aussi vite que
possible.
« J’ai quelques projets en cours »
dit-elle sans en avouer davantage.
De plus elle doit partir pour le Japon avec Bel Canto fin
février pour deux concerts.
-Traduit par Vuggevise-
12.04.2006 :
SIDE LINE
voir l'article
original
Pour ceux qui aiment les voix divines, le
groupe norvégien
Bel Canto était et est toujours incontournable.
Grâce à la voix d’ange
d’Anneli Drecker, Bel Canto a réussi à
gagner un succès international à la fin des
années 80 et au milieu des années 90 sous label
du belge Crammed Disc. Après son premier pas de
côté en solo, « Tundra » en
2000, Anneli Drecker revient en 2005 avec un album plus optimiste
« Frolic », de nouveau avec EMI Norvège.
Puisque la distribution en dehors de la Norvège est encore
une fois proche de zéro, nous ne voulons pas vous laisser
manquer cette opportunité de connaître un peu plus
son travail. Nous avons donc téléphoné
à Anneli, enceinte, à Tromsø en
Norvège, dans la période de Noël, et
avons parlé de son récent album et de
l’avenir de Bel Canto.
Par Bernard Van
Isacker
Vous avez choisi
une approche très dansante pour cet album,
comparé à votre précédent
album solo « Tundra », sorti en 2000.
A.D. : Et bien, j’ai eu la chance de pouvoir travailler avec
l’orchestre de Prague, mais ça serait stupide de
refaire encore la même chose, n’est-ce pas ?
J’ai eu tellement de bons Programmers et de Producteurs avec
moi cette fois et il n’y avait vraiment pas de place pour
ça. J’ai eu aussi besoin
d’être plus directe cette fois car les gens
m’ont dit que
« Tundra » était
un peu trop sombre. L’album est sorti en même temps
que ma séparation avec le père de mon enfant et
la presse se focalisait vraiment là-dessus. Ce
n’était pas auto-destructeur, mais peut
être un peu trop personnel… Mais, pour moi,
ça ne l’était pas, parce qu’
une chanson comme « All I know » a
été composée avant 1999. Maintenant
j’ai fait des chansons comme « Strange little bird
» et « My Emily » qui sont
complètement épiques dans un sens.
En parlant de
« My Emily », c’est une chanson qui
conviendrait bien à la voix de Morten Harket, est-ce une
coïncidence ou il y a plus à dire ?
A.D.(rires) : Et bien, j’ai fait cette chanson pour Morten
Harket. Je rentrais à la maison après
l’avoir rencontré. Il rencontrait
quelqu’un pour parler de la possibilité
d’un nouvel album solo et j’ai eu une petite
discussion avec lui. Et j’ai pensé, pourquoi ne
pas faire une chanson pour lui ? et en fait la chanson a
été écrite avec sa voix dans ma
tête. La chanson m’est venue quand
j’étais dans le bus pour rentrer à la
maison alors j’ai dû la chanter sur mon
téléphone portable. Quand je suis
rentrée à la maison, je l’ai
enregistrée directement, et en fait les voix que vous
entendez dans l’album sont celles de ma démo qui
lui était destinée. Mais alors, ça ne
s’est jamais passé car la chanson est devenue trop
personnelle d’une certaine façon. Mais
c’est une bonne façon de penser comme
ça. J’ai commencé à refaire
ça plus souvent, faisant semblant d’être
quelqu’un d’autre, utilisant ma voix
d’une autre façon. Alors il faut vraiment penser
à l’étendue de sa voix. Sur «
Monkeytrap » par exemple, je n’ai pas fait semblant
d’être quelqu’un d’autre,
c’était vraiment terrifiant (rires) !
Il n’a jamais entendu la chanson, à moins
qu’il n’ait acheté l’album. Je
ne voulais pas être arrogante vous savez, je ne suis vraiment
pas douée pour vendre mes chansons.
Vous devriez, la
chanson est excellente.
A.D. : Vous avez raison, mais je peux faire beaucoup de chansons pour
sa voix. Je ne veux pas m’imposer et je
préfère qu’il me demande les choses
personnellement, parce que je le connais. J’aime tellement
cette chanson de toute façon et les paroles sont si
personnelles… de toute façon, il n’a
pas fait d’album solo et a enregistré à
la place un nouvel album pour Aha alors j’ai pensé
: je pourrais aussi bien l’enregistrer. S’ il veut
la chanter, il peut parce qu’elle n’est sortie
qu’ en Norvège et en Belgique par iTunes je pense
(rires). Il n’y pas vraiment de marketing et de
promotion… Pour l’instant, l’album
n’est sorti qu’en Norvège (note de
l’éditeur : en avril 2005 par EMI
Norvège). J’ai quelques contacts en Angleterre
maintenant mais c’est un processus lent, en plus je suis
enceinte de 7 mois alors je ne vais pas me lancer dans de grandes
choses. J’ai parlé aussi avec le manageur de
Röyksopp qui voulait me donner quelques conseils pour savoir
qui je pouvais contacter. Mais puisque je n’ai pas
moi-même de manageur, c’est à moi de
décider en fait. EMI Norvège a fini son travail
ici et comme je ne suis pas une femme d’affaires…
(rires). Le marché à
l’étranger est impossible, il y a tellement
d’artistes qui veulent être signés vous
savez. Je sais que les gens à
l’étranger risquent de copier les CDs parce que
c’est assez chez de les acheter par les magasins en ligne
norvégiens. Mais j’en suis arrivée au
point où ça m’est égal, je
préfère que les gens puissent écouter
mes chansons… cependant je préfère
acheter, étant une artiste, je dois soutenir les autres
artistes, c’est un dilemme.
Concernant les sons
électroniques de cet album, il semble que vous avez beaucoup
écouté Afrika Bambaataa ?
A.D.(rires) : oui, beaucoup, il y a même un sample
d’Afrika Bambaataa sur « Desire ».
C’est pris d’un CD sample que j’utilise,
et je l’ai filtré. J’aime beaucoup
Bambaataa comme j’aime beaucoup ce qu’a fait Adrian
Sherwood. Vous savez, la plupart des gens ne réalisent pas
que j’ai fait la plupart des programmations parce
qu’il y a d’autres noms
crédités sur cet album. J’aime
principalement programmer moi-même, comme avec
« My Emily » et « Monkey Trap
», où j’ai samplé Blancmange.
En fait, Blancmange voulait
50 % de l’édition et c’est pour
ça qu’ils ont été reconnus
comme compositeurs. Mais pour moi, c’est un honneur, je les
aime depuis 1982 alors ça m’est égal de
leur donner ces
50 %. C’est grâce à Gareth Jones que le
sample est dans cette chanson. Il l’a
suggéré après que je lui ai
joué la chanson de Blancmange. « pourquoi ne pas
la sampler », m’a-t’il dit et
c’est ce que j’ai fait (rires). C’est ce
que tu obtiens quand tu es une fille ! Mais après
ça, le sample colorait la chanson, il n’avait pas
vraiment de pouvoir en lui-même. C’est un peu
stupide parce que j’ai fait cette version comme une sorte de
remix. Ma version était sans le sample, mais
c’était tellement stupide de jouer le remix pour
la maison de disques parce que bien sûr, ils ont voulu le
remix. Ma version était plus africaine, sombre,
épique et effrayante et il y avait un rythme
syncopé au lieu des quatre temps actuels... Ils voulaient
l’intégrer aux autres chansons alors ils
m’ont convaincu d’utiliser le remix… je
le regrette maintenant, la chanson se serait beaucoup mieux
intégrée à l’album
« Tundra », je pense.
Comment Gareth est
arrivé dans le tableau ?
Je l’ai simplement contacté par sa page web et il
me
connaissait de notre période Crammed quand il travaillait
avec
Wire. Le précédent technicien du son de
Röyksopp est
aussi un bon ami de Gareth et il a suggéré que je
devrais
le contacter. Gareth est venu en été 2004 et il a
travaillé sur « My Emily » et
« The Monkeytrap
». C’était plus une session test car on
n’avait que 2 jours. C’était bizarre
pour nous deux.
Et alors Emi n’arrivait pas à décider
s’ils
aimaient ou non et bien sûr Gareth devait travailler sur
d’autres projets. L’automne est arrivé
et
j’étais finalement prête à
enregistrer quand
il était à Los Angeles ou ailleurs. Alors
j’ai
commencé à travailler avec mes amis ici en
Norvège
alors…
As-tu appris quelque
chose d’intéressant de son court séjour
?
(rires) Oui, j’ai appris comment travailler avec Logic parce
que j’avais Cubase ici
1.
J’ai aussi appris comment avoir des fichiers midi sur
Internet
(petits rires) ! Je voulais avoir cette chanson de Abba « The
visitors », et ça lui a prit 5 minutes pour avoir
les
fichiers midi. Dommage que ça ne soit plus permis
d’offrir
des fichiers midi.
D’autres
choses de prévues avec Nils ?
Oui, bien que je suis vraiment dans le brouillard avec le
bébé qui va arriver ici alors j’ai
été plutôt occupée. Je vais
prendre une
année sabbatique, acheter un piano et recommencer
à
composer. Bel Canto continuera bien sûr. Il a aussi son
propre
projet Vajas pour lequel il essaie de trouver un label maintenant.
J’ai même dit à Nils de contacter
Crammed de nouveau
(rires). Mais il est comme moi, il oublie toujours des
choses…
je ferais mieux de lui redire !
Quelque chose
d’autre
maintenant, alors que vous avez une réputation excellente en
live, il n’y a pas de CD officiels disponibles, ce qui est
bizarre…
Nous avons voulu faire un CD live pendant qu’on
était en
tournée mais on ne l’a jamais fait. Nous pensons
toujours
qu’il y aura une autre chance (rires). Nous voulions
enregistrer
un concert plus tard l’année prochaine au
Rockefeller
Music Hall ici à Oslo, mais je l’ai
refusé puisque
je serais enceinte de 9 mois alors donc nous avons reporté.
Nous
devons le faire dans une grande salle cependant avec beaucoup de gens.
Nous y pensons presque au dernier moment mais alors ça fait
trop
de pagaille… et alors c’est trop tard bien
sûr.
(rires)
1. Logic et Cubase sont des logiciels professionnels de
création musicale.
-Traduit
par Valérie, corrigé par Vuggevise-
04.04.05 : AFTENPOSTEN.NO
voir l'article original
SYNTHPATIQUE
Le titre de l’album peut être traduit par
« gaité », ce qui est tout à
fait approprié.
Par Robert Hoftun Gjestad
Pour la jeunesse
actuelle, Anneli Drecker est plutôt connue comme la juge la
plus posée de l’histoire de
l’émission « Idol
» mais elle est surtout une artiste
norvégienne à la voix splendide, solidement
ancrée dans le milieu après une longue
carrière avec Bel Canto.
Depuis longtemps, elle n’hésite pas à
affirmer qu’elle est « une artiste des
années 80 », et sort aujourd’hui un
album qui trouve ses racines profondes dans cette synthpop pur jus.
Les racines ne sont cependant pas figées, elles ont
évolué vers quelque chose de plus actuel avec des
titres variés dans la veine électro. Pour la
production du single « You Don’t Have To Change
», Anneli a obtenu l’aide de vieux amis de
Röyksopp, engendrant une collaboration à
succès.
Pour autant, l’aspect immédiatement
entraînant n’empêche pas une intention
plus profonde. Malgré un titre d’album joyeux,
« Frolic », sont également
présentes des atmosphères bien plus
sérieuses, aux inspirations mélancoliques.
Soutenue par sa voix, Anneli Drecker a dirigé son projet
d’une main sûre. Les mélodies et les
textes simples s’enchaînent sans
difficulté mais il n’y a ici rien de
révolutionnaire à noter.
Globalement, cet album est cependant plus abouti, bien meilleur que ses
premiers pas en solo avec « Tundra », sorti il y a
cinq ans. Agréable à écouter.
- Traduit par Nordavind -
02.04.2005 : DAGSAVISEN
voir l'article original
MA MUSIQUE
D'ADOLESCENTE
Par Bernt Erik Pedersen
Oh Talk Talk,
s’exclame Anneli Drecker, 36 ans en fouillant les bacs de
disques à la recherche de synthpop des années 80.
Son
nouvel album solo est influencé par la musique de son
adolescence à Tromsø.
Pendant
bientôt vingt
ans Anneli Drecker a été la grande diva du
synthpop en Norvège, tout d’abord
célèbre par Bel Canto. Ces dernières
années a été aussi jury pour Idol et a
chanté de par le monde avec a-ha et Röyskopp.
Maintenant elle est chez un disquaire d’occasion sur
Grunerløkka et fouille les vinyles des années 80.
Photo : Mimsy Møller
Influences musicales
La synthpop obscure des
années 80 est sa spécialité, cela a
imprégné ‘Frolic’ qui est
sorti lundi. Elle a eu recours à l’aide entre
autres de Röyskopp et de l’artiste
électronique Gaute Barlinghaug de Tromsø. Le
résultat est un disque synthpop plus cultivé que
son premier album ‘Tundra’ (2001).
Je n’ai pas voulu
faire un album des années 80 mais quelques morceaux sont
vraiment influencés par les années 80. Car
c’est mon influence musicale, déclare Drecker.
A Tromsø il
s’est formé un milieu pour la musique
électronique. Le nom le plus connu est Per Martinsen- plus
tard concubin de Drecker-, Nils Johansen et Geir Jenssen, qui
après ont formé le trio Bel Canto avec Anneli
pour chanteuse. Pour un peu le frère d’Anneli
Drecker de cinq ans plus vieux était de la partie. Il
s’intéressait à la musique
synthé et allait jusqu’à Londres pour
acheter des disques. Il est revenu avec pleins de choses
étonnantes : Orchestral Manoeuvres in the Dark, Deutsch
Amerikanische Freundschaft, Cabaret Voltaire.
Endurcie
de bonne heure
Drecker évoque un
panel de noms de la toute fin des années 80 de synthpop
d’avant-garde qu’elle a
écoutés vers douze ans.
Et Sawns et Coil et Psychic TV.
Musique
sévère.
Oui, mais je me suis endurcie
tôt, sourit Anneli Drecker.
J’aimais aussi Joy
Division, The Cure et The Smiths comme tout le monde. Mais la musique
électronique me fascinait d’une certaine
manière. C’était quelque chose que je
n’avais jamais entendu auparavant.
C’était grand, sombre et chouette. La musique
était pompeuse et mystique. Les artistes osaient
être dramatiques, déclare Drecker avec
enthousiasme.
J’ai vécu
cette musique à ma puberté, qui est un moment
difficile où l’on est sensible à
l’impression. Il y avait des adolescents des
années 90 qui parlaient du grønsjen avec la
même fascination. Ma musique d’ado était
la musique électronique des années 80. Et je
trouve que c’est la meilleure des musiques de cette
époque, dit Drecker.
Un de ses
préférés était le duo
britannique Blancmange, qui a samplé un des morceaux de
‘Frolic’.
Réservation
‘Frolic’ a
été
principalement enregistré au nouveau studio
d’Anneli
Drecker sur Grünerløkka. C’est ce qui a
été un facteur important pour qu’il
soit
réalisé. Car il n’était pas
sûr
–après ‘Tundra’-
qu’elle voulait
officier en tant qu’artiste, raconte t-elle.
Après
‘Tundra’ il n’y avait aucune raison que
je revienne en tant qu’artiste. Bel Canto devait faire un
disque, c’était décidé par
avance., et j’avais envie de la faire. Mais j’en
avais marre du schéma studio – tournée-
une an de pause – studio. Est-ce que la vie
d’artiste c’est ça ? Alors je
n’avais rien établi de sérieux : soit
tu continues, soit tu prends d’autres voies,
déclare Drecker.
Mais alors les propositions ont
commencé à affluer : Une commande à
Harstad, une
tournée avec a-ha, un disque avec Kjetil
Bjørnstad, une
tournée avec Röyskopp, Jury pour
Idol…c’est
arrivé comme ça. Et c’était
rédempteur pour la créativité, que mon
projet ne
soit pas la priorité. Il y avait d’autres sources
d’argent, je pouvais aller au travail, rentrer à
la maison
et laisser mon disque de côté.
Elle tire un exemplaire du
single classique
de Talk Talk ‘It’s my life’ redevenu
célèbre grâce à No Doubt et
Margaret
d’Idol, la favorite du jury Drecker.
Margaret pensait que
c’était No Doubt qui avait écrit la
chanson, dit Drecker en pouffant de rire. C’est ce que croit
ma
fille Iris aussi. Mais je lui ai passé l’original
pour elle et elle s’est exclamé
‘c’est cent fois mieux ! maman…..Plus
triste’. Il y avait plus de mélancolie dans les
années 80.
Aujourd’hui les gens n’ont
plus le temps pour la mélancolie, dit-elle tandis
qu’elle regarde dans les bacs de disques.
Propaganda, Fad
Gadget, Thompson Twins.
Terminé avec Idol
J’en ai
incroyablement terminé avec Idol maintenant,
déclare Drecker.
Je ne le regarde plus et
n’ai aucun favori, cette fois. Je ne regrette pas
d’avoir été à Idol- Je ne
regrette jamais ce que j’ai fait. C’est
à la fois incroyablement épuisant et
incroyablement engageant- non pas parce que je me reconnaissais dans
les concurrentes de Idol de 17 ans qui se tenaient devant moi et
chantaient. Mais elles n’avaient pas Nils et Geir qui
étaient à la maison dans la chambre à
faire de la musique synthé, et un grand frère qui
ramenait des disques de Londres. J’ai
été super chanceuse de les avoir,
déclare Drecker.
Nous en arrivons à
trouver Kissing the Pink dans les bacs. Mais Anneli Drecker finit par
acheter un vinyle de Scritti Politti ‘Hypnotize’,
de 1984.
C’est une musique de
fête
à Tromsø, l’été
de mes 16 ans ?
J’aimais ce morceau. Mais mon chéri m’a
plaqué alors j’ai détruit le disque.
Depuis je
n’ai presque pas eu l’occasion de
l’écouter.
Et voilà, dit Anneli Drecker, avec son vinyle sous le bras.
Elle
rentre à la maison pour retrouver son chagrin
d’amour de
1984.
-Traduit par Vuggevise-
30.03.2005 : BA
(Bergensavisen) voir l'article original
UN COUP DE
MAIN DE BERGEN
Anneli Drecker a de bonnes
relations à Bergen. Röyksopp a sauvé une
mélodie de l’oubli. Et William Hut a
prêté main forte lorsqu’elle
s’est lassée de sa propre voix.
Par Ann Kristin
Ødegård
Voilà
cinq ans
qu’Anneli Drecker a sorti son premier album solo. Mais Frolic
est terminé depuis lundi.Le
single acclamé « You Don’t Have To
Change » a été joué
à la fin d’un concert de Röyksopp
à Bergen lors de leur dernière tounée
solo.
- Torbjørn
Brundtland a programmé et co-produit « Tundra
», c’était donc naturel
d’entrer en studio avec eux. C’était
incroyablement amusant, affirme Anneli.
- Torbjørn
m’a demandé si je voulais mettre «You
Don't Have To Change» sur l’album.
« Je l’ai ici à Bergen, je
l’ajoute ? », dit-il. « Oui ! ».
- Sinon, j’aurais
probablement oublié la mélodie. Il aurait
peut-être été effacé ou
transformé en ballade, avoue Anneli Drecker.
Fan
de Willy
Elle fait
aussi un duo avec
William Hut alias Willy Marhaug sur « Angel Bossanova
».
-
C’est tellement
ennuyeux d’entendre ma voix à nouveau sur le
deuxième couplet, me disais-je. J’ai donc dit
à EMI qu’il fallait que ce soit un mec qui chante
ça. Ils m’ont suggéré Willy,
et ça a parfaitement convenu. Ca a
considérablement amélioré la chanson.
C’est un artiste vraiment talentueux.
- « Angel Bossanova
» a en fait été écrit
pendant la tournée au Brésil avec A-ha, pendant
que Morten Harket chantait dans la chambre voisine.
- Tu n’as pas
demandé à Morten Harket de faire un duo ?
- Ca aurait
été amusant, évidemment. Mais
j’ai toujours admiré Poor Rich Ones, et je pensais
que Willy était une proposition géniale. Ca
devait se passer comme ça. Je trouve que ça
aurait été trop évident
d’utiliser Morten. Il est si connu que les gens auraient
pensé que j’ai profité de lui.
Les
années 80
Sur
« Frolic
», Anneli Drecker fait presque tout elle-même.
L’environnement sonore rappelle la synthpop des
années 80, dont Anneli a beaucoup de bons souvenirs.
- J’ai compris que la
musique des années 80 n’est pas la même
pour moi que pour la plupart des gens. Ils pensent à Wham,
alors que je pense aux groupes underground sombres comme Fad Gadget,
Depeche Mode et Thomas Dolby. Et puis c’est dans les
années 80 que le synthé est arrivé. Je
suis une artiste des années 80, déclare-t-elle.
- Ce n’est pas pour
me lancer dans une mode, mais la différence avec Bel Canto
est que l’album n’est pas très
épique. Ce ne sont pas les larges horizons pastel, mais
plutôt les ruelles étroites.
Bientôt, Anneli
Drecker aura réuni tous les musiciens pour la
tournée.
-
Mais je ne peux pas emporter
tous mes synthétiseurs. Ce serait comme de mettre dix
nageuses synchronisées dans une baignoire et de leur
demander d’être aussi gracieuses que dans une
piscine. Je dois tenter de me débrouiller, dit-elle en
riant.
-Traduit par Nordavind-
30.03.2005 : MUSICAL
DISCOVERIES (concerne Bel Canto) voir l'article original
Par R. W.
Elliot and J. R. Elswick
Votre album
le plus récent, Dorothy’s Victory, est
très positif et optimiste. Est-ce un choix
délibéré, et si oui,
qu’est-ce qui vous a décidé
à faire un album plus « ensoleillé
» ?
Nous travaillions jour et
nuit
dans un environnement confortable, comme à la maison,
là haut à Tromsø, chez nous.
L’atmosphère pendant ces séances
nocturnes était d’une certaine façon
privée et détendue et nous n’avions
personne de la maison de disques sur notre dos pendant tout ce temps.
Nous avions la liberté et l’espace pour jouer.
J’ai aussi dormi dans le studio, sur un matelas à
côté du mixer parce que
j’étais trop fatiguée pour rentrer
à la maison. Comme ça, je pouvais travailler
même pendant mon sommeil.
Anneli,
vous avez prêté votre belle voix
caractéristique pour différentes collaborations.
Quelle a été votre
préférée ?
Travailler avec
Torbjørn et Svein de Röyksopp est toujours
formidable et amusant. Ils sont si énergiques et surprenants
!
Y
a t’il un artiste en particulier dans le monde de la musique
avec lequel vous aimeriez travailler ?
Hmm… Aphex Twin !
Votre
musique montre quelques références classiques
fortes. Etes-vous tous les deux
«qualifiés» dans le sens classique ?
Nils est le plus
qualifié. Il a joué du violoncelle et aussi de la
flûte quand il était enfant. Et puis il a
commencé à jouer de la basse dans un groupe punk
appelé Peder Xem, de Tromsø,
jusqu’à ce qu’il achète son
premier synthé, un DX7 et a commencé à
programmer de nouveaux sons et de la musique arctique avec Geir Jenssen
en 1985/1986.
J’ai
chanté dans une chorale et j’ai pris des cours de
piano pendant 3-4 ans et plus tard, j’ai pris quelques cours
de chant. Mais mon plus grand professeur et mentor en
matière de musique c’était mon grand
frère et sa collection de disques bizarres.
Pensez-vous
que votre musique comporte des éléments
typiquement « norvégiens » ?
C’est
difficile pour
nous de le dire mais si vous pensez à la Norvège
en tant que pays des trolls, des aurores boréales et du
soleil de minuit, je suppose qu’on ne peut pas
s’empêcher d’être
influencés par nos origines.
Le peuple du grand nord
norvégien a aussi un grand sens de l’humour. Vous
en avez besoin pour survivre aux longs et sombres hivers froids ! Je
suppose que les gens qui vivent dans un tel climat polaire, ont besoin
de s’évader en rêvassant et en se
rencontrant souvent.
Quand je lis une interview de
Bjørk, je reconnais immédiatement la
façon dont elle décrit l’Islande et les
Islandais.
Certaines
mélodies de Bel Canto reflètent des influences
musicales du Moyen Orient. D’où vient cette
influence ?
La
Norvège est loin
au nord, oui, nous vivons à 800 km au nord du cercle polaire
mais la Norvège s’étend aussi loin
à l’est ! Kirkenes, une ville de
Norvège, est en fait aussi loin à l’est
qu’ Istanbul !
Nils et moi avons toujours
ressenti une forte attraction envers les Mongols et bien sûr
nous sommes très influencés par le peuple Sami,
qui vit très au nord. Les Natifs de Norvège ont
toujours été là dans notre vie de tous
les jours, on entend leur musique à la radio et nous avons
joué beaucoup de concerts au Finnmark, la région
du peuple Sami.
Je pense qu’on peut tirer un lien musical
entre la façon dont les chanteurs indiens chantent et la
vieille musique folk traditionnelle norvégienne. Quand je
pense à la
musique du monde, je ne vois pas de carte avec des
frontières mais des strates de techniques de chant dans
l’histoire de l’humanité et personne
n’a le copyright de telle ou telle façon de
chanter parce que l’on trouve les mêmes
éléments partout dans le monde.
Un autre exemple
: le joik Sami et le chant des indiens d’Amérique.
Nous sommes tous originaires de la même tribu de toute
façon !
Quelles
sont les influences musicales de Bel Canto, et qui sont vos
artistes/groupes favoris ?
Mes
premières
influences sont OMD, Blancmange, David Bowie, Kissing the Pink,
Clannad, 4AD-artists, Kate Bush, William Orbit, Nusrat Fateh Ali Khan,
Virginia Ashley, Meredith Monk, Laurie Anderson, Tuxedomoon, David
Sylvian, The Swans, Ruichi Sakamoto, YMO, Diamanda Galas, Fad Gadget,
Cabaret Voltaire, Depeche Mode, Blue Nile, et bien d’autres.
Ces jours ci,
j’écoute le nouvel album de Beck, Nick Cave, PJ
Harvey, Sigur Ros, Hoover Phonic, Emmylou Harris, U2, Mew (un groupe
danois), Bjørk, Illumination, Souvenire, Magnet, Mari Boine,
Nils Petter Molvaer, Boards of Canada, Truls Mork, Radiohead, Coldplay,
The Latvia Radio Choir, le dernier Johnny Cash et une chanteuse de Tuva
qui s’appelle Seinko et beaucoup d’autres.
Il
est clair que la musique de Bel Canto, tout en maintenant un son
unique, a évolué de bien des façons
dans la dernière décennie. Comment
décrivez-vous l’évolution de votre
musique depuis votre premier album White-out Conditions
jusqu’au plus récent Dorothy’s Victory ?
C’est
difficile de
décrire notre propre évolution sur tant
d’années, en fait depuis que j’ai 16 ans
jusqu’à 33 ans maintenant. Nous avons
commencé avec l’idée
d’être un groupe de musique pop
électronique avec seulement des
éléments de son arctique au lieu
d’essayer d’être comme les autres groupes
pop d’Europe. C’était important pour
nous de décrire nos origines par notre musique.
Sur les 2
premiers albums, nous étions 3, avec Geir Jenssen
(Biosphère). Il a quitté le groupe en 1991.
Depuis, Nils et moi avons eu une période où nous
écoutions de la musique africaine et du moyen orient. Puis,
la House et la scène techno sont apparues et nous sommes
sortis en boite de nombreuses années. Maintenant, je pense
que l’on est revenu un peu comme dans les années
80 et nous nous concentrons sur les mélodies. De nos jours,
c’est
si facile de programmer de la musique et d’acheter des
logiciels, samples et plug-ins, alors Nils et moi pensons
qu’une bonne chanson est une chanson que l’on peut
jouer aussi en acoustique et qui en ressort aussi forte et garde toute
son essence.
Est-ce
que Bel Canto projette de continuer à produire des albums,
et peut on s’attendre à des tournées en
dehors de la Norvège dans le futur ?
En
ce moment nous essayons
d’avoir une distribution en Europe et dans le reste du monde
pour Dorothy’s Victory. J’espère que si
cela se passe, nous pourrons partir en tournée et promouvoir
notre album. Nous aimons faire des concerts et avoir un retour du
public. C’est ce qui te fait être un vrai musicien.
Est-ce
que Internet a affecté Bel Canto, et si oui, de quelle
façon ?
Ca nous a aidé
à communiquer avec nos fans partout dans le monde,
spécialement par le site non officiel www.annelidrecker.com.
Nous avons pu également entrer en contact avec
d’autres musiciens et producteurs en utilisant le net, au
lieu de passer par leurs maisons de disques.
Quel
est le moment musical le plus mémorable de Bel Canto des 15
dernières années ?
Jouer
au New Morning club
à Paris en 90 ? Je ne sais pas, différents
concerts partout dans le monde, à Tokyo, Mexico,
Israël. Et aussi rencontrer le public en
général, je suppose.
Et rencontrer nos propres
héros. Pour moi, c’était un grand
moment quand j’ai rencontré Simone Raymonde et
Robin Guthrie. A Mexico quand nous avons eu un encouragement personnel
de Dead Can Dance par leur manageur qui disait qu’ils
étaient désolés d’avoir
manqué notre concert, alors qu’on ne
s’attendait même pas qu’ils nous
connaissent.
Mais aussi ces moments magiques que nous avons eu pendant
que nous composions nos chansons durant ces années.
Tellement de moments formidables.
Comment
distingueriez-vous les albums d’Anneli Drecker de ceux de
Bel Canto ?
Hmmm
mes accords sont plus
simples et les paroles sont plus personnelles, puisque je me
représente moi même en solo. Bel Canto est un
monde où l’on doit entrer et où nous
sommes deux compositeurs, la musique de Bel Canto comparée
à ma propre musique, sera automatiquement
différente.
De
quelle manière Internet a t’il
influencé votre carrière musicale solo ?
Beaucoup,
spécialement parce que j’ai la chance
d’avoir mon propre site www.annelidrecker.com où
je peux même quelques fois avoir des informations utiles sur
moi-même et où je parle aussi avec les fans.
-Traduit
par Valérie, corrigé par Vuggevise-
29.03.2005 : ADRESSA.NO
voir l'article original
DESORMAIS ELLE CHANTE
SEULE
Lorsque le second album d’Anneli Drecker sort, les gens
veulent encore relier une des plus grandes chanteuses de
Norvège à celle qui fut à Idol.
Par Ole Jacob Hoel
Depuis
son premier album
solo il y a cinq ans, Drecker a fait plein de choses
différentes. Elle a sorti deux CD avec Bel Canto,
tourné avec a-ha dans le monde entier, écrit deux
œuvres sur commande, joué dans une
représentation de Peer Gynt chez elle à
Tromsø, tourné un poème de 1600 vers
avec Ketil Bjørnstad et a été jury
pour Idol. Pour n’en nommer que quelques uns.
De John Donne à Kjartan
Salvesen, il faut appeler un grand
coup de pied. Etrangement le second album solo d’Anneli
Drecker ‘Frolic’ s’est nettement
profilé.
Photo : Scanpix
« Je
n’étais pas sûre de ce
que je voulais et cela était bien aussi la
conséquence de mon oui pour Idol cet automne.
J’avais besoin d’un temps de réflexion.
Les choses se sont mises en place », déclare
Anneli Drecker.
A Idol elle a rencontré
de jeunes chanteurs, certains
d’entre eux avec de grandes ambitions et autant de talent
qu’elle lorsqu’elle a commencé la
musique.
« Mais j’avais
la chance d’avoir un grand
frère avec toute une collection de disques et un statut
local. J’écoutais PsychicTV à
l’âge de douze ans et devint une
véritable fille de synthé. Ainsi je rencontrai
deux gars avec des inspirations bizarres pour jouer dans un groupe, par
exemple, interdiction totale des guitares. Je trouvai tôt une
direction . Ce n’est pas ce que tous les participants
d’Idol avaient sauf peut être Margaret ».
Sur ‘Frolic’
Anneli retourne aussi musicalement en
enfance – jusqu’à la synthpop directe.
« Je voulais faire un
disque pop et avais en tête
le crédo de Roger Waters pour ‘Dark Side of the
Moon’ : simple, hardi et dramatique’. Cela a
été le fil conducteur de ma musique »,
raconte Anneli Drecker.
Elle a écrit tous les
titres et programmé la
plupart des morceaux sur le disque. Mais d’autres ont aussi
collaboré : ceux des vieux milieux de Tromsø,
Roÿskopp, Lauren Savoy et un vieux producteur des
années 80 : Gareth Jones. Elle a cependant gardé
le contrôle sur tout.
« Pour la
première fois je me sens plus
productrice qu’artiste. J’ai travaillé
en entier sur le disque, travaillé avec la musique comme
‘science’. »
La passion est le point de
départ des morceaux et des
paroles. C’est avant tout la chanteuse qu’elle est.
Depuis qu’elle chante chaque jour elle est un être
chanceux.
Mais d’abord cet
été elle va devoir
chanter son album solo devant un grand public. Avec un groupe de cinq
musiciens, elle va chanter dans une série de festivals, qui
ne sont pas encore confirmés. Ce sera une
répétition avant la tournée de cet
automne.
-Traduit par Vuggevise-