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27.10.2010 : Side Line voir l'article original

INTERVIEW BEL CANTO
Pour certains groupes, vous traverseriez le monde entier juste pour les voir une fois en live. Bel Canto est un de ces groupes, enfin pour moi. Anneli Drecker, Nils Johansen et Geir Jenssen (aka Bleep et Biosphere) nous ont laissé des perles electropop de voix paradisiaques qui sont rares de nos jours, voire inexistantes. Je me souviens que j’ai râté leur dernier concert Belge en 1996 à cause d’un examen d’allemand que je ne voulais pas louper en sortant toute la nuit. Comme une sorte de situation Catch 22, j’ai été averti plus tard que Bel Canto ne visiterait plus jamais la Belgique.

Les années passèrent et j’ai suivi la carrière des 3 membres, les interviewant quand un nouvel (solo) album sortait mais c’était tout. Bel Canto prend des pauses occasionnelles pour permetre à Drecker de poursuivre une carrière solo et pour jouer avec d’autres groupes et artistes, aussi bien que jouer dans des films ou faire du théatre. Nils Johansen a composé de la musique de film et de télévision et a travaillé et joué avec son autre groupe, Vajas. Malgré ces iatus, Bel Canto a continué de jouer en live, sans Jenssen. Jusqu’à juin 2010 quand j’ai entendu dire que Bel Canto se réunissait pour une performance spéciale au Festival de Døgnvill dans leur ville natale Tromsø, le 4 septembre 2010. Alors que je ne pouvais aller au concert, il est devenu clair que 2 autres concerts seraient ajoutés, Oslo et Trondheim. Tous en Norvège.

Nous rencontrons le groupe dans un hôtel à Oslo à midi, le lendemain de leur concert au Rockefeller Music Hall dans le centre de la ville. Ils semblent un peu crevés et vont aller à Trondheim dans la même journée pour préparer leur 3ème concert. Ca a été le deuxième concert du groupe depuis leurs retrouvailles, 21 ans après que Geir Jennssen ait quitté le groupe pour poursuivre une carrière solo.

Par Bernard Van Isacker, Photos par Petra Rönnholm et Jan Ronald Stange

SL: Le pourquoi des retrouvailles me paraît étrange, il a été annoncé à l’improviste.

AD : Vous parlez du festival de Døgnvill ? Ils nous ont effectivement demandé il y a 2 ans si nous voulions jouer au festival. C’était leur idée. Ce sont de vieux amis à nous, des musiciens. Je venais juste de déménager à Tromsø quand un des gars m’a posé la question, comme nous étions tous les 3 revenus à Tromsø, alors il se demandait si ils pouvaient arranger un concert de retrouvailles. Alors c’était leur idée au tout début.

Nous ne voulions vraiment pas que d’autres personnes aient la même idée et disent que c’était leur propre idée. Nous voulions le faire parce que nous voulions vraiment travailler ensemble. C’est pour ça que ça nous a pris 2 ans. Nous ne voulions pas d’un festival qui nous paie seulement pour nous reformer, l’idée avait besoin de murir et nous donner une raison.

SL : Pourquoi l’idée de nous est-elle pas venue à vous en premier ?

AD : J’ai vécu à Oslo pendant les 20 dernières années et je n’avais plus du tout de contact avec Geir. Seulement par des amis et son ex-femme. Il voyageait tellement et je vivais à Oslo. Bien sûr Nils et moi nous nous sommes vus assez souvent. Et alors j’ai déménagé à Tromsø et on m’a demandé de participer à une compilation par Hommage Records, appelé « Maskindans – Norsk Synth 1980-1988 ». Et c’est là que Geir et moi avons commencé par communiquer par mail. Réellement amusant car il vivait seulement à 50 mètres plus bas dans la rue, mais ok nous avons commencé à nous envoyer des mails. Nous nous sommes rencontrés quand nous skiions là et avons parlé des vieilles démos des années 80. Nous avons découvert quelques bijoux qui étaient là, ça a en fait donné un coup de pied pour écouter le matériel.

SL : Est-ce que le titre de la compilation, « Flowerbed », était à l’origine destiné à être sur l’album « Birds of passage » ?

AD : Geir l’a utilisé plus tard pour son projet Bleep. Nous n’étions pas trop heureux de cela à l’époque. Vous savez, il y a beaucoup de chansons qui  n’ont pas été sorties. J’ai fait tant de concerts et des morceaux sur commande, 3 d’entre eux, avec 12 à 16 chansons qui n’ont jamais été éditées. Je suis tellement habituée à la chose, surtout quand vous êtes dans une grande compagnie de disques. C’est vraiment frustrant. Geir est le chanceux qui peut juste sortir ses trucs, mais nous avons été un peu restreints.

SL : Etes-vous toujours sous contrat avec Emi Norvège ?

AD : Vaguement… Je ne suis pas très contente du contrat et ils ne sont pas contents du contrat et nous ne voulons pas continuer sous ce contrat. Alors ça doit être renégocié. Si ils n’aiment pas les choses que je veux sortir, je suis libre d’aller ailleurs.

SL : C’est pour votre carrière personnelle, mais Bel Canto est libre oui ?

AD : Nous avons été renvoyés.

NJ : Nous n’avons plus d’obligations envers EMI maintenant. Le contrat est terminé. Nous avons un contrat de licence avec eux, nous faisons toute la production et nous n’avons pas de contrat d’artistes avec eux.

SL : N’avez-vous jamais pensé à une auto production ?

NJ : C’est la chose la plus évidente à faire maintenant pour les groupes connus, car l’industrie du disque est totalement différente maintenant.

AD : Mais nous ne sommes pas des hommes d’affaires alors nous avons besoin de quelqu’un à bord qui puisse s’occuper des coups de téléphone et de l’administratif.

NJ : Actuellement nous pensons seulement à la partie création. Il y a cependant beaucoup de moyens différents de traiter les choses maintenant…

SL : Mais revenons à vous et Geir.

AD : Et bien, alors Geir et moi avons travaillé sur la musique pour une pièce de théatre, « La fièvre d’Hamsun » basée sur le poême  « Feberdiste » de 1904 par l’auteur norvégien Knut Hamsun (note de l’éditeur : à ce moment, Geir Jenssen entre et nous rejoint).

SL : Bonjour Geir, Anneli nous expliquait comment vous avez repris contact ensemble. Pourquoi tout ce silence musical entre vous 2 durant toutes ces années ?

GJ : Nous étions juste trop occupés avec des projets musicaux, vous savez.

SL : Le matériel live a été complètement refait pour ce concert, directement au cœur des chansons avec vous 3 sur scène. Ca ne ressemble pas à ce que vous avez fait la dernière nuit.

GJ : 2 nuits vous voulez dire (rires).

AD : Nous utilisons souvent des musiciens différents pour les concerts alors le son change toujours. Mais hier oui… notre percussionniste était là la nuit dernière au Rockefeller et il a joué avec nous depuis 20 ans et maintenant c’était juste nous 3 (rires).

GJ : Nous avons détruit tous les vieux sons et utilisé de nouveaux, plus ou moins. Nous avons juste gardé les fichiers midi.

AD : Geir a même retrouvé son vieux synthé dans son loft.

GJ : J’ai retrouvé mon vieil ordinateur Commodore de 1983 et il marche encore. J’ai inséré les disquettes et retrouvé tous les fichiers midi et les ai enregistrés dans un Mac.

AD : Et toi Nils, tu doit retrouver tous tes échantillons Akai.

SL : Même dans les premières années quand vous jouiez, les chansons n’ont jamais été aussi dépouillées, pour être honnête. Est-ce votre influence Geir ?

GJ : C’était mon idée oui. J’ai seulement tout viré (rires).

NJ : J’ai été autorisé à garder ma guitare quand même (sourires).

SL : Approcher les choses aussi radicalement, même le matériel qui a été sorti après votre départ de Bel Canto, après l’album « Birds of passage » de 1989. Je suppose que vous vous faites vraiment confiance.

NJ : Il faut se faire confiance. Nous avons testé quelques morceaux de la période récente et avons fait comme si Geir faisait toujours partie du groupe quand ces chansons ont été faites. C’est ainsi que nous avons pensé.

AD : Cela demande un peu de temps pour murir avec Geir quand nous devons jouer une chanson comme "Shimmering, warm and bright" cependant.

GJ : Quand ils sont joué le matériel pour moi j’étais comme : « qu’est-ce que qui arriverait si nous enlevions ci ou ça ». Et nous l’avons enlevé et de plus en plus. A la fin nous avions seulement le rythme et les percussions métalliques de base. Ça peut facilement être surpoduit si on joue tous les éléments plus les miens aussi.

SL : Mais retournons à ces éléments ethniques, comment avez-vous réconcilier votre froideur Geir et les chauds éléments ethniques que Nils et Anneli mettent dans leur matériel ?

AD : Négociations je dirais. Nous n’avons pas joué les chansons ethniques hier mais on avait été invité à le faire.

SL : J’ai noté 4 nouvelles chansons.

GJ : Oui, c’est correct, nous avons travaillé sur quelques nouveaux morceaux pour ce qui pourrait être, avec bon espoir,  un nouvel album électronique.

SL : Avec espoir ? Nils, êtes vous d’accord ?

NJ : Bien sûr, c’est toujours bon de se rencontrer et de se tordre l’esprit pour faire les choses. C’est une bonne synergie.

SL : Geir, quand vous avez quitté Bel Canto, quelles ont été votre premières impressions quand vous avez entendu l’album « Shimmering, warm and bright », le premier produit sans vous ?

GJ : J’ai aimé quelques uns des morceaux, mais je n’ai pas beaucoup aimé les éléments ethniques. Comme le percussionniste. Je ne suis pas trop comme ça.

SL : Votre propre matériel solo Geir est en effet très propre, clinique et arctique je dirai. Nils et Anneli, vous êtes tous les 2 évidemment les musiciens les plus influencés ethniques dans le groupe.

AD : J’aime chanter des chansons ethniques et j’ai tellement voyagé autour du monde et écouté de la musique raï arabe et la musique folklorique turque. En tant que chanteuse, c’est bien plus intéressant et une façon de développer votre instrument vocal. C’est pour ça que je suis arrivée un peu en retard, parce qu’au magasin ils ont de la musique indienne et je l’écoutais. C’est de là que toutes les techniques proviennent. Et personnellement je trouve que c’est plus facile de faire des chansons sur le rythme 7/8 qu’en rythme 8/8. C’est beaucoup plus difficile de chanter simple et droit. Quand j’avais 14 ans j’ai pris des cours de chant mais mon professeur refusait de m’apprendre parce qu’il pensait que j’était une chanteuse affreuse et que je ne deviendrai jamais  chanteuse. Alors dans mon esprit j’ai composé et triché et chercher à trouver un moyen. J’ai eu cette fissure dans ma voix, ca a été une coupure, un changement de voix. J’ai réussi à trouver ma propre technique pour changer mais dans ma tête, je me disais encore « tu n’es pas une bonne chanteuse » (rires).

Je ne peux pas chanter droit comme les chants de Noël. Mais aussi j’ai découvert alors que je commencerais à chanter mes propres chansons et pas celles des autres.

SL : Sauf dans Idol.

AD : Je n’ai pas chanté la chanson de quelqu’un d’autre là ?

SL : Si vous l’avez fait, j’ai vu cette reprise que vous avez chantée avec Margaret Berger, la fille que vous entrainiez dans Idol. C’était Peter Gabriel et Kate Bush « Don’t give up » pour l’émission « Idol gir tilbake ».  Vous l’avez vraiment dominée.

AD : Ah oui… non elle est bonne vous savez, c’était ma favorite (rires). Je la rencontre en fait aujourd’hui. Vous savez, les gens d’habitude ne sont pas impressionnés par une voix basse, ils sont impressionnés par la féminité mais pas par la voix. Les gens ont été aussi impressionnés par la chanson que j’ai faite avec Röyksopp, « Wuthering heights ». Pour moi c’est plus une imitation, c’est ainsi que j’ai appris à chanter sur les disques que mon grand frère achetait à Londres. Sans lui, je ne serais pas là où je suis maintenant parce que j’ai eu ce terrible goût pour la musique. Il jouait comme Joy Division, DAF, Psychic TV. Non, Cocteau Twins est venu un peu plus tard, mais j’ai commencé à écouter des personnes qui chantent avec des voix douces et j’ai noté qu’on peut vraiment chanter comme ça.

Avant j’écoutais Withney Houston, des trucs terribles comme ça, et je faisais comme ça (et elle commence à chanter ) « Oh I want to dance with somebody », je ne pouvais pas du tout chanter ça, ça cassait ma voix. D’autres groupes où j’ai appris cette façon étaient Bryan Ferry, Roxy Music où le chant est très doux et lisse. Plus tard j’ai appris de Cocteau Twins. J’étais si entièrement impressionnée par le son et j’ai pensé honnêtement  que c’étaient deux personnes, dont je ne pouvais croire qu’une personne puisse avoir ce genre de gamme.

SL : Quand Geir vous a quitté en 1989, comment t’es-tu sentie Anneli ?

AD : Et bien, j’ai compris sa décision d’un point de vue logique mais émotionnellement c’était comme perdre son petit copain, comme se séparer. J’étais si jeune et le groupe était tout pour moi. Aussi, le lendemain nous avions un concert radio à Paris et nous n’avions pas beaucoup dormi cette nuit et avions tout à programmer parce ce que nous n’avions pas sa programmation. C’était vraiment le stress total et la panique.

Si nous l’avions su quelques jours à l’avance… (note de l’éditeur : à ce point Anneli se tourne vers Geir qui dit « vraiment, je ne me rappelle pas de ça. »).

Je pouvais comprendre ça d’un point de vue artistique. Déjà sur « Birds of passage » ça devenait clair que nous voulions des choses différentes. Tous les 3 nous faisions des chansons tout le temps et nous n’avions pas assez de nos propres chansons parce ce que ça variait tellement dans le son et le style.

Je n’ai pas voulu presser Geir de reconsidérer la chose. Si il voulait faire quelque chose où il était heureux à 100 %, alors OK. J’ai vraiment souhaité ça pour lui.

GJ : Nous vivions aussi dans des villes différentes, je vivais à Tromsø pendant que Nils et Anneli vivaient à Oslo. J’étais plus dans la music techno, j’aimais vraiment ça. Je ne voulais pas imposer ça dans Bel Canto.

SL : Ça ne vous a pas empéché d’avoir Anneli sur votre sortie de Bleep.

AD :  C’était un vieil échantillon, pas physique (rires). Ça a aussi aidé Nils à redevenir un instrumentaliste, à lui donner plus d’espace pour jouer des instruments.

NJ : Nous commencions à faire beaucoup de shows en live qui nous a poussé à enregistrer des chansons comme sur l’album « Shimmering, warm and bright ». Certaines chansons étaient développés sur la route où nous testions les choses. Quelque fois nous étions comme 5 personne sur la scène et c’était vraiment bien. C’est dur de jouer seulement avec une machine. Vous n’avez pas d’incidence sur le retour, car la machine fait exactement ce qu’elle doit faire. Quand vous jouez avec des personnes, vous pouvez interagir et toutes les imprecisions qui apparaissent quand les personnes jouent nous enrichissent.

GJ : Et bien, c’est plus comme taper les beats correctement, pas la longueur des pistes. Tu dois être précis.

NJ : Oui, tu dois compter les mesures. Quand tu joues avec d’autres personnes tu ne peux pas le faire tout le temps.

SL : Est-ce que l’implication de Geir enlève de la pression que vous aviez dans le groupe à faire de la musique ? Depuis 2002 vous n’avez rien sorti de nouveau.

AD : Je fais tellement de chansons, pour moi ce n’est pas vraiment un problème. J’ai juste abandonné l’idée de les sortir. J’ai eu tant de bagarres avec la maison de disque, leur envoyant beaucoup de démos et essayant de travailler avec différents producteurs mais ils ne veulent pas les sortir. Et puis j’ai eu 2 enfants en 2006 et 2007 et puis j’ai commencé à travailler au théatre et à tourner avec Röyksopp. Alors je n’ai pas vraiment eu le temps de m’asseoir. En fait, j’ai l’habitude d’avoir des chansons seulement stockées sur mon disque dur et sur Itunes. J’écoute mes propres chansons et je ne me préoccupe pas de savoir si elles vont sortir ou non. Oui, c’est arrivé à ce point.

SL : C’est assez bizarre alors que le label a trouvé le temps de sortir le remix d’anniversaire de « My Emily » en 2009. « My Emily » a 5 ans…

AD : C’est un gars qui m’a envoyé la cassette comme un cadeau d’anniversaire et je l’ai vraiment aimé. Je ne sais pas comment il a su que c’était mon anniversaire, il l’a juste fait à l’improviste, alors je l’ai joué pour EMI. C’est en effet curieux que ça soit sorti, mais pas le nouveau matériel qui est en veilleuse.

GJ : C’est ce qui est super de travailler avec une compagnie importante. La compagnie décide tellement de choses.

AD : Ils pensent vraiment que j’ai un voix formidable et pourrais grandir. Grand en Norvège signifie que tu dois faire et chanter de la musique que les gens ordinaires achètent. Ils suggèrent que je devrais chanter en norvégien, et faire des duos avec des chanteurs  norvégiens…

GJ : Compagnie stupide… (rires)

AD : … et que d’autre chanteurs fassent des chansons pour moi. Ils ont même suggéré que je fasse un album de reprise de Chet Baket parce que j’ai fait une chanson avec Chet Baker pour une sortie de Chet Baket et ils ont pensé que c’était brillant. Vraiment brillant. Alors je suis venue avec une suggestion d’un producteur avec qui je voulais travailler. Une demi année plus tard il travaillait avec un autre artiste d’EMI. Alors ils ont volé mon idée. Non, je ne dirai pas qui, ça a fait un album terrible de toute façon.

SL : Je pense vraiment que c’est ce qui a tué la créativité de Bertine Zetlitz. Je me souviens que EMI norvège m’a envoyé son single quand ils faisaient la promotion de votre album « Frolic » en disant que ça pourrait nous intéresser aussi. J’ai aimé le premier travail qu’elle a fait mais j’ai été moins impressionné par son travail suivant.

AD : Vraiment je trouve ça terrible quand les gens la comparent à moi. La seule chose que nous avons en commun c’est la couleur de nos yeux. C’est tout. J’aime son style et sa musique cependant. Elle fait des chansons inhabituelles et mérite tout le crédit qu’elle peut avoir. Bien sûr elle a 10 ans de moins que moi. Musicalement nous n’avons pas trop de choses en commun cependant. Nous sommes pourtant amies. C’est la compagnie de disques qui nous fait nous opposer. C’est juste du marketing et des affaires.

SL : J’ai entendu que vous travailliez sur une musique de film de Nathilde Overrein Rapp ?

AD : Oublions cela, c’est une idée qu’elle a eu mais nous n’avons jamais eu de retour à ce propos. Nous ne savons pas si ça a eu un financement. Pour avoir un financement, elle devait mettre nos noms dans la demande et nous avons été d’accord. Question suivante s’il vous plait (rires).

GJ : Où avez-vous déniché ça ?

SL : Sur internet Geir. Alors, ça aurait été bien d’avoir un mix de « Insomnia » que vous avez composé Geir et « The Nest » par Ketil Bjørntad qui est une belle musique de film que vous avez chantée Anneli…

AD : Je me suis réveillée ce matin et j’ai réalisé que j’ai oublié d’inviter Ketil au concert la nuit dernière, ce qui est vraiment ennuyeux… Il a été mon principal professeur de chant depuis que je suis allée en tournée avec lui depuis 10 ans maintenant. Seulement lui et son piano et moi sur scène. Tu dois devenir assez confiant et il m’a montré comment faire cela. Cela fait que je n’ai plus besoin de me cacher derrière plein de sons et de programmation.

SL : Dans le passé, votre voix sur les albums de Bel Canto avait pas mal de réverbération, sur le matériel suivant la production était plus apurée.

GJ : Je pense que c’était un effet de mode. Non je plaisante. Ça devient de plus en plus apuré cependant. Je ne pensais pas que je mettais tant de réverbération sur ta voix sur les 2 premiers albums cependant.

AD : Tu le faisais Geir !

GJ : Oh vraiment ? Ok… mais je pense que sa voix n’a pas besoin de reverbération ou de retard.

SL : En écoutant les 4 nouvelles chansons la nuit dernière, je dirais que vous êtes revenus aux trucs aériens.

GJ : C’est l’ingénieur du son, nous lui avons demandé de rester apuré. Je n’aime pas que vous me disiez ça, je voulais que cela rester apuré sans aucun effet. Ça n’est pas nécessaire de mettre de la réverbération sur n’importe quoi, ça sonne trop facile.

SL : Pourquoi n’avons nous pas eu la chance d’écouter un album live ou même un EP ? Il y a occasionnellement des chansons live qui apparaissent ici ou là mais à part des bootlegs, il n’y a rien d’officiel qui a été sorti.

AD : Oui, bien.. Je déteste m’entendre chanter en live parce que je n’ai pas la tranquilité dans ma voix comme je l’ai d’habitude en studio. Je n’écoute jamais des enregistrements live. Quand je vois quelque chose sur youtube, je zappe !

NJ : Nous y avons pensé de temps en temps, mais c’est plus une question pratique. Il faut enregistrer plusieurs concerts et il y a beaucoup de travail à faire.

AD : En plus nous n’avons pas beaucoup tourné ces dernières années. Et les deux derniers concerts n’étaient pas assez pour faire un enregistrement, nous ne nous sentions pas assez bien. C’est toujours un concert ça et là et alors on ne ne sent pas assez préparé pour faire ça.

SL : Comment vous sentez-vous après les 2 concerts que vous avez fait maintenant ?

GJ : Je voulais faire de nouveaux morceaux plutôt que jouer les anciens. Nous avons joué 2 nouveaux et 2 anciens morceaux hier qui n’ont pas encore été sortis.

AD : Non, il n’y en a pas 2 anciens. Nous avons joué 3 nouveaux morceaux incluant « Lake Ice » et « Infinity ». Le vieux que nous avons joué est le morceau « Papillon » d’une démo de 1987/1988.

SL : Geir, depuis le début vous avez eu cette pensée indépendante que j’ai retrouvée dans tout vos mouvements dans votre carrière musicale. Vous ne vous occupez pas de ce que les autres pensent, vous faites juste ce que vous voulez. Si je regarde les quelques premiers albums solo, incluant le matériel Bleep, vous faites juste ce que vous voulez faire. Alors est-ce que la réunification avec Nils et Anneli devient votre principale attraction ou juste un projet le long de la route ?

GJ : Bien, je suis assez chanceux d’avoir une compagnie telle que Touch qui me permet de sortir a peu près tout ce que je fais. Ils discutent seulement le graphisme de la pochette et l’ordre des morceaux mais c’est il ne se mèle que de ça. Pour moi, j’ai fait cela parce que nous y avons été invité. J’ai juste travaillé quelques semaines avec Bel Canto. Nous pouvons essayer de faire un album électronique, ça serait fun.

AD : Je pense que c’est bon maintenant, nous sommes adultes et avons d’autres projets de côté. Quand nous avons déménagé à Bruxelles, Bel Canto était tout pour nous. C’était aussi la principale chose qui a tué le groupe. Nous étions des individus très indépendants qui voulions faire d’autres choses à côté. C’était très consommateur et tout. Tout le revenu dépendait de Bel Canto et mon identité artistique était à travers Bel Canto.

C’est plus un projet qu’un groupe. Pour le moment c’est comme ça. Nous verrons si un nouvel album et une tournée suivront alors nous pourrons être de nouveau Bel Canto. Je pense que c’est salutaire d’avoir d’autres choses à côté.

GJ : Je ne veux pas aller en tournée comme un groupe important.

SL : Est-ce que vous vous mettez une date limite ?

GJ : Non.

AD : Je crois que nous devrions, mais on peut toujours repousser la date limite.

GJ : J’ai eu tellement de dates limites récemment lorsque j’ai travaillé sur 3 ou 4 projets alors je ne ne veux pas d’autres dates limites maintenant. C’était la dernière date limite, demain je veux finir un autre projet.

NJ : Pour Geir la date limite est que la date limite dépasse demain (sourires).

AD : Je vais être aussi plutôt occupée maintenant. Je travaille mieux quand j’ai de la pression et beaucoup de choses à faire. Si nous avons du nouveau matériel et nous nous l’envoyons je peux travailler dessus assez vite dans la nuit quand les bébés dorment et mon mari peut les réveiller et puis les emmener au jardin d’enfant, ouais, c’est ok et je peux travailler aussi bien le jour (rires).

GJ : Les nouveaux morceaux ont juste une semaine. Je les ai envoyés à partir d’essais que j’avais dont je pensais qu’ils avaient quelque potentiel et qui pourraient bien aller avec sa voix. Je leur ai envoyé et le lendemain le morceau était plus ou moins fini.

SL : Nils, l’instrument dont vous avez joué la nuit dernière, je l’ai déjà vu avant, mait comment s’appelle t’il ?

NJ : C’est un instrument à percussion, un Chapman Stick qui est instrument de percussion à 2 mains avec un manche de guitare. Il a 5 cordes de basse et 4 cordes de guitare. Je l’ai acheté à Paris il y a quelques années et commencé à jouer avec. C’est un instrument différent et un peu difficile par rapport à la guitare.

AD : La chanson jouée la nuit dernière avec juste lui et moi était faite avec le Chapman Stick.

NJ : L’album « Rush » a été partiellement fait avec cet instrument, le petit titre « Rush » par exemple. Tu peux facilement te retrouver à jouer des choses complètement différentes avec cet instrument, qu’avec une guitare.

SL : Nils, que s’est il passé avec Vajas, le projet saami que vous avez avec Ande Somby et Kristin Mellem ?

NJ : Bien, c’est en attente…

AD : C’est une situation à la Cocteau Twins là (rires).

NJ : Ande et Kristin était en couple. Alors quand ils se sont séparés, le groupe s’est un peu séparé aussi . Nous verrons ce qu’il va se passer, mais c’est un projet très intéressant. Je suis heureux du seul album « Sacred stone » que nous avons fait. Nous avons voyagé de par le monde, même dans un désert avec mon portable sur un chameau. C’est ce qui arrive quand vous faites de la musique ethnique, vous êtes invités (rires). J’ai joué dans un festival au Sahara, joué à Taiwan, aux Etats Unis… ça nous a emmené vers des endroits intéressants.

C’était un projet consommateur de temps cependant parce ça n’était pas rationalisé. Kristin par exemple est une musicienne classique qui pense plus en terme de musique métrique pendant que Ande est plus l’enfant de la nature. Et le placer dans le cadre d’un studio avec des notes, des comptages et des mesures est une sorte de bataille qui créé également une belle énergie.
(Vajas sur iTunes)

Anneli Drecker et Magaret Berger "Don't give up"
Source Stellina - pour voir les photos de Stellina au concert d'Oslo, cliquez ici.

20.09.2010 : Tono.no voir l'article original

LA FEMME DU TOUT POSSIBLE
Anneli pense que c’est le pire quand rien ne se passe autour d’elle. C’est rarement un sujet de préoccupation quand on est artiste de scène, chanteuse, actrice et mère de jeunes enfants.

Par Anne Lene Østli - photos Anne Lene Østli

- Il y a un peu de stigmatisation dans la maternité. Il y a une telle facilité à dire que finalement « une mère ne devrait pas laisser ses enfants ». J’ai heureusement réussi à me détacher de cela.

Lorsque Anneli Drecker joue en concert, son compagnon et père de ses deux plus jeunes enfants, s’occupe d’eux à la maison. Ils ont deux enfants ensemble, Peter âgé de 2 ans, et Luna qui en a 4.. En outre, elle a sa fille Iris âgée de 14 ans, de son ancien compagnon.

- Je vois que les enfants sont mieux servis si je voyage et je fais des concerts, et que quand je rentre chez moi, je suis présente à 100%, que si je ne suis seulement là qu’à moitié. Je préfère être un peu loin des enfants, que d'être une personne qui tourne en rond et est amère parce ce qu'elle n'a pas rempli leurs souhaits, déclare Anneli avec un sourire sur son visage.

- En 2009, j'ai voyagé 150 jours, c’était extrême. Mais ce n'est évidemment pas comme ça chaque année. Certaines années, c’est tout à fait tranquille. Surtout si vous travaillez en studio pour faire un nouvel album.

Anneli était en vacances à Oslo cet été, après avoir navigué sur le fjord d'Oslo en famille. Ils ont suivi les conditions météo et le programme des festivals de maman. Le programme les a envoyés à Kongsberg, où Anneli jouait avec Röyksopp au Jazz Festival de Kongsberg.

Le temps changeant a fini par les renvoyer à Oslo, où ils sont resté avec des amis.

- Je n'aurais pas autant voyagé si il n’y avait eu personne pour surveiller la maison.
Mais c’est un peu bizarre, je vais en tournée avec de nombreux hommes qui ont aussi des enfants en bas âge - la différence est qu'ils ont des femmes.
Il n'y a pas se vanter que leurs femmes s'occupent des enfants. Mon mari reçoit beaucoup d'éloges! Et il le mérite certainement, ce n'est pas le problème, mais ça devient seulement un peu le monde à l’envers.

Pourquoi pensez-vous que c'est comme ça ?

- Je pense que les gens associent artiste et célébrité. Ils pensent que je choisis d'être une artiste parce que je veux être célèbre. Ce n'est pas vrai. J'ai créé ma propre éducation en tant que musicienne depuis longtemps, et c'est une profession où je suis heureuse. Et je suis heureuse que cela soit bénéfique pour ma famille. Anneli fait cliqueter les glaçons dans son verre.

Anneli a la quarantaine, et même si elle n'a plus un nom  très à la mode dans l'industrie de la musique, elle est sans doute une femme occupée. En règle générale, elle a un projet en cours sur  5  - qu'il s'agisse d'un projet solo, Bel Canto, les arts du spectacle ou de théâtre. En tant qu'artiste solo, elle a collaboré avec, entre autres, A-ha et Röyksopp.

En compagnie du pianiste Ketil Bjørnstad, elle a fait trois albums et composé la poésie. Pour n'en citer que quelques-uns.

- Ketil Bjørnstad est un musicien et pianiste fantastique, et de travailler avec lui a peut être été la meilleure école pour monter sur scène. Il vous suffit d'oser tenir debout et juste chanter un peu plus d'une heure, sans beaucoup d'effets, de sons et de synthés. Il vous suffit de donner. Il m'a donné un grand sentiment de sécurité, en tant que chanteuse et de la personnalité sur scène.

Y a t-il un contexte, où vous évoluez le mieux en tant qu'artiste?

Anneli réfléchit, pendant qu’elle joue une nouvelle fois avec les glaçons dans le verre.

 - Cela dépend. « L’école A-ha » a également été très bonne ! Il y a quelque chose de spécial à jouer devant 60 000 personnes. De la grosse machine A-ha, à la petite scène intimiste avec Ketil Bjørnstad - à l'intérieur du spectre, il y a beaucoup à apprendre.
- Mais je me sens vraiment à l’aise également dans le salon, quand je suis assise seule et que je pianote. Quand les enfants sont à la maternelle et que je vais boire mon deuxième café.

Anneli est calme et regarde en l'air.

- Je me sens très chanceuse d'être cette femme qui monte sur scène et connaît tout cela. Aussi, je suis privilégiée d'avoir tant voyagé ! Je vis une sorte de vie de marin. Mon dicton, c'est "Une fois un marin, toujours un marin." Je vais devenir incroyablement agitée!

Comment ce style de vie s’est formé, pensez-vous?

- J'ai appris pour me sentir bien avec moi-même que j'ai besoin de supporter de voyager tellement. Partout où l’on va, on part avec toutes les humeurs de l'esprit et les pensées et les rêves que l’on a à la maison. Ils sont vraiment renforcés lorsque vous voyagez. Il faut avoir une vie quotidienne très stable et sure pour que je réussisse à voyager tellement. J'ai la chance d'avoir une famille quand je rentre à la maison! C’est la meilleure base qui soit.

Il fut un temps où la vie d’Anneli consistait à fréquenter une maison des jeunes à Tromsø. C’était le lieu où ceux qui écoutaient The Cure, The Smiths et Depeche Mode se réunissaient pour faire de la musique ou faire preuve de créativité par d'autres moyens.

Son frère aîné de 5 ans, Per-Arne,  a été son professeur. Il tenait à disposition sa collection, qui était remplie de disques qu'il avait achetés à Londres. Anneli avait 16 ans et, comme la plupart des autres adolescents à la mode de l'époque, se maquillait au Kajal et utilisait d'énormes quantités de laque. Les gars se battaient sur l'opportunité de jouer dans un groupe avec elle. C’est là qu’elle a rejoint le groupe Bel Canto.

- J'étais dans un groupe de synthés avec trois gars appelé « The Missing Link », déclare Anneli en souriant.
J'ai donc fait un concert avec eux à Noël 1985. Là, dans la salle, se trouvaient Geir Jenssen et Nils Johansen, qui étaient à la recherche d'une chanteuse pour leur groupe Bel Canto. Ce fut un divorce assez dramatique avec « The Missing Link »! Un peu comique d’y penser maintenant.

Connaissiez-vous Nils et Geir avant ?

- Nous sommes allés à l'école ensemble. Nils avait deux ans de plus que moi et jouait dans le groupe punk Peder X-EM, et j'avais l'habitude de les écouter dans le sous-sol de l'école. Ce que je ne savais pas c'est qu'ils avaient l'habitude de m'écouter, alors que je pratiquais le piano dans la salle de musique. Anneli sourit.

Pendant l'été 86 Anneli et le reste de Bel Canto ont acheté un billet Interrail et se sont rendus à Londres et à Bruxelles pour tenter leur chance auprès de diverses maisons de disques. Des cassettes de démonstration avaient déjà été envoyées. S’ils devaient vivre de leur musique, il fallait chercher fortune en Europe. A Bruxelles, ils ont attrapé le label Crammed Discs. Anneli n’avait même pas 18 ans, alors quand ils ont signé le contrat, ses parents ont contresigné.

- On n’est jamais aussi grand que lorsqu’on sort son premier disque. Nous avons beaucoup tourné les deux premières années. Nous avons joué, entre autres autour des Pays-Bas, de la France et de la Belgique, sur les scènes où des groupes dont nous étions fans avaient joué. C'était génial. Mais quand je suis revenue sur les mêmes scènes plus tard, j’ai vu que c’était juste des petits clubs locaux. Anneli rit.

- C'est étrange, maintenant que j’ai 41 ans. Quand je me souviens de l'époque à Bruxelles, c'est comme si je me rappelle d’ une vie complètement différente. C'est comme si l'on a plusieurs vies dans la vie en quelque sorte. C'est assez fou. C’était vraiment une vie folle. Je ne voudrais pas y envoyer ma fille maintenant, pour dire les choses de cette façon.

Pourquoi pas?

- Il y avait beaucoup de tentations, et de rock and roll. J'ai vu beaucoup de gens dans cette industrie qui ont vécu une vie difficile, alors j'ai décidé assez tôt que si je voulais durer, je devais vivre sainement.

Geir a quitté le groupe Bel Canto avant la sortie de « Shimmering, Warm & Bright » en 1992 et depuis lors Bel Canto a été un duo. Pour la première fois en presque 20 ans,  ils ont joué dans leur équipe d'origine au festival Døgnvill, à Tromsø, 2.-4. Septembre. En outre, ils vont jouer deux spectacles : au Rockefeller à Oslo le 24 septembre, et au Byscena à Trondheim, le 25 Septembre.

Est-ce que Bel Canto a conservé les sonorités des années 80 lors des concerts que vous jouez aujourd'hui?

- Bel Canto a fait de la musique et a sorti des disques dans les années 80, alors bien sûr nous avons encore un  son des années 80, Anneli rit.

Cet hiver, Anneli jouera Kristi Brud dans la mise en scène de Knutby au Théâtre Hålogoland de Tromsø. La production sera dirigée par Kjersti Horn et la Première aura lieu en Janvier. Pour le moment, Anneli est employée par l'opéra « Nous élevons nos têtes dans la honte » avec Ferske Scener, dont la première a eu lieu en été. Ici Anneli donne un visage au capitalisme à travers le rôle de Mme Fu. Mais c’était quand elle a joué une psycho-geisha dans « La fièvre de Hamsun » l'an dernier, qu’Anneli m'a donné le goût d’être quelqu'un d'autre que soi-même sur scène. La même chose s'applique quand elle est sur scène avec Röyksopp, où Anneli donne souvent la parole aux femmes artistes travaillant avec Röyksopp.

- J'ai plus reçu le sens de l’art pour le moment. Au lieu de penser: «Oh, maintenant, je dois enregistrer un album magnifique, qui vend beaucoup, et je dois défendre ce produit dans toutes les interviews pendant quatre ans." La seule chose qui reste après une représentation théâtrale est un costume et une affiche! Il n'y a rien de décrit. Ca serait absolument absurde pour moi. Le fait est que les choses sont périssables.

A un moment, le rêve d’Anneli Drecker était d'être actrice. Elle est apparue dans des films tels que « Frères et sœurs sur la Terre de Dieu » (1983) et « Les Sept Péchés capitaux » (2000). Elle a recherché longuement une École de théâtre, avant qu'elle ne se focalise plutôt entièrement sur la musique.

 - En tant qu'artiste, il est juste important de pouvoir se tenir debout sur une scène. Que ce soit pour chanter ou pour jouer un rôle.
Anneli est calme.
- C’est un immense privilège. Je préfère faire cela, que de se cacher dans un studio pendant ans et alors peut-être faire cinq concerts autour de la Norvège. Mais c'est vraiment le rêve d'être en mesure de combiner ces choses.

Ne pouvez-vous pas le faire ?

- Et bien, pas à ce jour », sourit Anneli.

Avec trois enfants, les concerts et les pièces de théâtre, Anneli a assez à faire. Elle fait cela depuis le début de sa carrière il y a 20 ans.

- Vous pouvez voir ça comme une sorte de carrousel. Jusque-là je me plaisais à m’asseoir à la pointe, où ça va le plus vite et où on peut voir le monde.
Mais maintenant, après deux grossesses en deux ans, alors c'est comme si je me déplace lentement vers le pignon au milieu où ça tourne lentement. Je suis sur le même carrousel, mais maintenant j’ai une plus grande vue d’ensemble", dit Anneli en mimant un carrousel.

Pourquoi c’est arrivé, pensez-vous?

- J'ai vieilli. Je ne supporte plus autant la vitesse. Si je m'aperçois que cela va trop vite dans ma tête, je prends une marche pour m’éloigner du fouillis. J'ai besoin de libérer de l'espace à la créativité. Souvent, c’est pendant la nuit et le matin. Une parole de chanson, ou une seule phrase peut entrer dans l'esprit et doit être écrite avant de l’oublier. Je dois me lever dix minutes avant tout le monde, pour rassembler mes idées avant que les deux enfants commencent à sauter sur moi.  Que je ne trouve pas de débouchés à ma créativité serait tout à fait ridicule et me mettrait de mauvaise humeur, alors c’est au meilleur de chacun, Anneli sourit et joue avec le glaçon qui reste.

N’y a t’il jamais trop à faire ?

- Le pire pour moi, c'est vraiment quand rien ne se passe. Comme cet hiver, pendant cinq mois où je n’avais rien à faire. C'est vraiment le revers de la médaille en étant dans cette industrie. Lorsque les choses se passent, tout se passe en même temps. Il faut finalement se retirer des choses. Anneli est pensive.

- Si j'avais fait une sorte de diagnostic ces jours là, j’aurai utilisé la lumière ADHD. Je suis une personne très agitée. Il doit toujours se passer quelque chose.

C’est peut être un avantage dans l’industrie dont vous faites partie ?

- Oui, absolument. Mais on doit faire des réserves pour toutes ces périodes creuses où il ne se passe pas grand chose. Pendant ces périodes je sors le tricot ou quelque chose à lire. Au fond c’est vraiment bien quand en fait je fais de la musique.

- traduit par Google et Valerora -

02.09.2010 : NRK voir l'article original (vidéo)

ENSEMBLE, APRES 20 ANS

Bel Canto, le groupe de Tromsø a été parmi les premiers en Norvège, à faire de la musique avec l'ordinateur comme élément principal .

Après avoir constaté le succès en Europe, le groupe s'est transformé en duo. Mais au Døgnvill Festival à Tromsø ce week-end, ils montent sur scène avec la distribution originale - pour la première fois en 20 ans .

Le Festival Døgnvill a réuni un Bel Canto qui ont été séparés par leur carrières et la géographie .

Geir Jensen a quitté le groupe Bel Canto il ya 20 ans et est devenu internationalement connu sous le nom de Biosphère . Nils Johansen et Anneli Drecker ont continué Bel Canto en plus de leurs propres projets .

Les deux ensemble et séparément sont les doyens de la communauté électro norvégienne . Et c'est une version modernisée de l'ancien Bel Canto qui se présente maintenant devant le public.

Bien qu'ils existent depuis de nombreuses années , ils sont tendus avant le concert de samedi.

Article de Fredrik Norum
- Traduit par Google -


08.07.2010 : NRK voir l'article original

ANNELI DRECKER SE LANCE DANS L'OPERA

Anneli Drecker, chanteuse de Bel Canto mais aussi artiste solo, va jouer un des rôles dans le nouvel opéra norvégien de la troupe de théâtre Ferske scener à Tromsø .
La représentation s'intitule « La tête dans la honte » et est un mélange de fable et de fortes critiques de la société. L'avant-première se déroulera lors du festival Festspillene i Nord-Norge en Juin.
-Mon rêve a toujours été de jouer la comédie, mais  là encore je suis dans les griffes de la pop musique. C'est très amusant de travailler avec quelque chose que je brûle d'envie de faire.
Quoi qu'il en soit, c'est d'être un artiste sur scène, chanter et accomplir une part du même boulot, déclare Anneli Drecker à NRK.
Anneli Drecker a déjà fait du théâtre, dernièrement au Théâtre Hålogaland. Mais là elle joue ce qu'elle appelle son premier rôle avec des répliques et pas seulement des chansons et du son. « La tête dans la honte », opéra fable et critique de la société, dont le scénario a été écrit par Kristin Bjørn et Bjørn Are Dypås. La musique est signée Erik Stifjell, avec l'aide des improvisations de Drecker, entre autres.
-je suis extrêmement nerveuse quand on m'arrête dans la rue pour me dire qu'on a lu dans le journal que j'allais chanter de l'opéra. Je ne suis pas une vraie chanteuse d'opéra, je vais chanter avec la voix que j'ai, déclare Drecker.
Ce sont des textes chantés, et là tu trouves la définition de l'opéra. Mais ce n'est pas du style que l'on s' attend à entendre dans un opéra moderne et romantique, ajoute le compositeur Stifjell.
Il est encore trop tôt pour juger puisque la plupart des morceaux de musique sont encore dans son ordinateur. Mais sur le papier on trouve un scénario qui est susceptible d'ébranler un peu le public. Il s'agit de savoir pourquoi on n'est si peu engagé en politique et pourquoi nous ne faisons pas davantage dans la société.
Pourquoi ne prenons-nous pas plus de responsabilité ? Est-il possible de le faire au théâtre ? Nous avions envie de faire une représentation qui appellerait à la fantaisie et aux sentiments aussi, pour ne pas que cela soit juste une revue documentaire d'impuissance, déclare la scénariste Kristin Bjørn.
Elle veut purement et simplement revitaliser la démocratie.
Nous avons une perception des choses à travers les médias et la plupart des décisions de la sphère économique sont prises par d'autres instances que le peuple. Nous souhaiterions que les décisions appartiennent au peuple et non à quelques multinationales capitalistes.
« la tête dans la honte » se tiendra en avant-première au festival Festspillene i Nord-Norge en Juin. Puis à l'automne les cinq comédiens et trois musiciens seront sur scène au Théâtre Hålogaland.
Plus tard se sera au tour de la capitale. Et là, Anneli Drecker incarnera le capitalisme.
- « Fru Fu » (Madame Fu) est le capitalisme. Celui que la société adore mais qui en même temps est une charge. Nous faisons de plus en plus, car nous voulons avoir beaucoup. Madame Fu est celle qui va voir ce dont les gens ont besoin. Elle est un peu euphorique de temps en temps, ce qui la rend souvent sympathique. Et ça passe aussi par le fait de la chanter avec une voix d'opéra stridente, déclare Drecker.

Article  de Tonje Bergmo et Hege Iren Hanssen
- Traduit par Vuggevise -


17.06.2010 : NORDLYS.NO voir l'article original

LE BEL CANTO DES DEBUTS DE RETROUVE

Pour la première fois depuis 20 ans les membres de Bel Canto vont rejouer ensemble. Anneli Drecker, Geir jenssen et Nils Johansen se réunissent à nouveau et sont prêts pour le festival de Døgnvill.
On va jouer nos vieux morceaux dans des conditions arctiques, raconte Anneli Drecker.
Mais nous pouvons aussi garantir que nous venons pour jouer de nouveaux morceaux, rajoute Nils Johansen.
Mardi dernier le groupe populaire de Tromsø a fait connaître qu'il sera sur scène au festival de Døgnvill le samedi 4 septembre. Et cela fait un peu moins de 20 ans que les trois membres du groupe n'étaient pas montés sur scène ensemble.
C'est une bonne occasion pour nous de jouer à nouveau ensemble. Et pas seulement parce que nous habitons tous les trois à Tromsø, explique Anneli.
Elle constate que chacun des trois membres s'est exprimé dans sa propre musicalité artistique, mais que c'est extrêmement drôle de se retrouver ensemble après tant d'années et que justement cela se passe à Tromsø.
Nous sommes tous les trois habitués à jouer devant un grand public, et je ne sais pas si ce sera très différent de jouer devant le public de Tromsø, déclare Anneli.
Et là elle pense un peu à elle et dit :
Ouais, ça peut être vraiment spécial. Je crois que je suis aussi nerveuse que lorsque j'avais 16 ans. Cela peut être bien.
Les trois musiciens n'ont pas encore commencé à répéter ensemble avant le concert. Mais ils comptent bien venir pour jouer de vieilles chansons connues mais aussi avec de nouvelles orchestrations.
Nous venons pour en jouer sous une nouvelle forme. Mais d'un autre côté on peut aussi dire que notre musique est restée contemporaine, déclare Anneli.
Nils Johansen confirme que le groupe a à sa disposition des titres qui ne sont jamais sortis. C'est pourquoi il ose affirmer que ce sera une première pour quelques titres mais il n'en rajoute pas plus.
Article et photo de Stein S. Fredriksen
- Traduit par Vuggevise -


24.01.2007 : NORDLYS.NO voir l'article original

C’ETAIT UN LUXE INCROYABLE !

Hier Anneli Drecker a été honorée du prix Nordlys par toute la musique du Nord de la Norvège. ‘C’était un luxe extraordinaire de recevoir ce prix dans ma ville, déclare t-elle.
Par Stein Fredriksen

C’est dans une maison de la culture comble qu’Anneli Drecker de Tromsø a été honorée du prix Nordlys de cette année pour son enjeu musical exceptionnel.

Parmi les motivations du jury on parle entre autres de sa contribution à apporter un ‘son’ du Nord de la Norvège au monde entier.

« Je suis incroyablement heureuse et c’est vraiment amusant de recevoir ce prix ici dans ma propre ville », déclare Anneli à Nordlys.

A en juger par les applaudissements du public,il n’y avait aucun doute que c’est l’ensemble du monde musical du Nord de la Norvège qui a honoré Anneli Drecker .


Racines à Tromsø

« Cela fait déjà quelques années que j’ai habité à Tromsø, mais j’y ai mes racines musicales. Donc c’est amusant que cela arrive ici. C’est aussi spécial pour moi de recevoir le prix Nordlys, puisque Nordlys a toujours été quelque chose de spécial pour moi. »

Elle raconte qu’elle a été très contente et émue lorsqu’elle a reçu l’annonce de Nordlys qui lui disait qu’elle était la gagnante de cette année.

« Cela me donne une occasion de revenir à Tromsø. Je compte rester quelques jours et espérons que je puisse faire quelques concerts », avoue t-elle.

« C’est vraiment un grand honneur pour moi et je suis très contente. Je veux remercier à la fois la ville de Tromsø et le festival de Nordlys pour ce prix. Je voudrais remercier par la même occasion ma famille et Nils Johansen de leur soutien », déclare Anneli.


Maman

Pour le moment Anneli Drecker est occupée à être maman de sa fille de dix mois.
« Je suis encore un peu à l’allaitement mais c’est si agréable », confie t-elle.

Mais elle raconte qu’elle a de nouveaux projets en cours. Elle ne veut pas donner plus de détails, mais elle espère pouvoir produire un nouveau disque aussi vite que possible.

« J’ai quelques projets en cours » dit-elle sans en avouer davantage.
De plus elle doit partir pour le Japon avec Bel Canto fin février pour deux concerts.

-Traduit par Vuggevise-


12.04.2006 : SIDE LINE voir l'article original

Pour ceux qui aiment les voix divines, le groupe norvégien Bel Canto était et est toujours incontournable.
Grâce à la voix d’ange d’Anneli Drecker, Bel Canto a réussi à gagner un succès international à la fin des années 80 et au milieu des années 90 sous label du belge Crammed Disc. Après son premier pas de côté en solo, « Tundra » en 2000, Anneli Drecker revient en 2005 avec un album plus optimiste « Frolic », de nouveau avec EMI Norvège. Puisque la distribution en dehors de la Norvège est encore une fois proche de zéro, nous ne voulons pas vous laisser manquer cette opportunité de connaître un peu plus son travail. Nous avons donc téléphoné à Anneli, enceinte, à Tromsø en Norvège, dans la période de Noël, et avons parlé de son récent album et de l’avenir de Bel Canto.
Par Bernard Van Isacker

Vous avez choisi une approche très dansante pour cet album, comparé à votre précédent album solo « Tundra », sorti en 2000.


A.D. : Et bien, j’ai eu la chance de pouvoir travailler avec l’orchestre de Prague, mais ça serait stupide de refaire encore la même chose, n’est-ce pas ? J’ai eu tellement de bons Programmers et de Producteurs avec moi cette fois et il n’y avait vraiment pas de place pour ça. J’ai eu aussi besoin d’être plus directe cette fois car les gens m’ont dit que
« Tundra » était un peu trop sombre. L’album est sorti en même temps que ma séparation avec le père de mon enfant et la presse se focalisait vraiment là-dessus. Ce n’était pas auto-destructeur, mais peut être un peu trop personnel… Mais, pour moi, ça ne l’était pas, parce qu’ une chanson comme « All I know » a été composée avant 1999. Maintenant j’ai fait des chansons comme « Strange little bird » et « My Emily » qui sont complètement épiques dans un sens.

En parlant de « My Emily », c’est une chanson qui conviendrait bien à la voix de Morten Harket, est-ce une coïncidence ou il y a plus à dire ?

A.D.(rires) : Et bien, j’ai fait cette chanson pour Morten Harket. Je rentrais à la maison après l’avoir rencontré. Il rencontrait quelqu’un pour parler de la possibilité d’un nouvel album solo et j’ai eu une petite discussion avec lui. Et j’ai pensé, pourquoi ne pas faire une chanson pour lui ? et en fait la chanson a été écrite avec sa voix dans ma tête. La chanson m’est venue quand j’étais dans le bus pour rentrer à la maison alors j’ai dû la chanter sur mon téléphone portable. Quand je suis rentrée à la maison, je l’ai enregistrée directement, et en fait les voix que vous entendez dans l’album sont celles de ma démo qui lui était destinée. Mais alors, ça ne s’est jamais passé car la chanson est devenue trop personnelle d’une certaine façon. Mais c’est une bonne façon de penser comme ça. J’ai commencé à refaire ça plus souvent, faisant semblant d’être quelqu’un d’autre, utilisant ma voix d’une autre façon. Alors il faut vraiment penser à l’étendue de sa voix. Sur « Monkeytrap » par exemple, je n’ai pas fait semblant d’être quelqu’un d’autre, c’était vraiment terrifiant (rires) !
Il n’a jamais entendu la chanson, à moins qu’il n’ait acheté l’album. Je ne voulais pas être arrogante vous savez, je ne suis vraiment pas douée pour vendre mes chansons.

Vous devriez, la chanson est excellente.

A.D. : Vous avez raison, mais je peux faire beaucoup de chansons pour sa voix. Je ne veux pas m’imposer et je préfère qu’il me demande les choses personnellement, parce que je le connais. J’aime tellement cette chanson de toute façon et les paroles sont si personnelles… de toute façon, il n’a pas fait d’album solo et a enregistré à la place un nouvel album pour Aha alors j’ai pensé : je pourrais aussi bien l’enregistrer. S’ il veut la chanter, il peut parce qu’elle n’est sortie qu’ en Norvège et en Belgique par iTunes je pense (rires). Il n’y pas vraiment de marketing et de promotion… Pour l’instant, l’album n’est sorti qu’en Norvège (note de l’éditeur : en avril 2005 par EMI Norvège). J’ai quelques contacts en Angleterre maintenant mais c’est un processus lent, en plus je suis enceinte de 7 mois alors je ne vais pas me lancer dans de grandes choses. J’ai parlé aussi avec le manageur de Röyksopp qui voulait me donner quelques conseils pour savoir qui je pouvais contacter. Mais puisque je n’ai pas moi-même de manageur, c’est à moi de décider en fait. EMI Norvège a fini son travail ici et comme je ne suis pas une femme d’affaires… (rires). Le marché à l’étranger est impossible, il y a tellement d’artistes qui veulent être signés vous savez. Je sais que les gens à l’étranger risquent de copier les CDs parce que c’est assez chez de les acheter par les magasins en ligne norvégiens. Mais j’en suis arrivée au point où ça m’est égal, je préfère que les gens puissent écouter mes chansons… cependant je préfère acheter, étant une artiste, je dois soutenir les autres artistes, c’est un dilemme.

Concernant les sons électroniques de cet album, il semble que vous avez beaucoup écouté Afrika Bambaataa ?

A.D.(rires) : oui, beaucoup, il y a même un sample d’Afrika Bambaataa sur « Desire ». C’est pris d’un CD sample que j’utilise, et je l’ai filtré. J’aime beaucoup Bambaataa comme j’aime beaucoup ce qu’a fait Adrian Sherwood. Vous savez, la plupart des gens ne réalisent pas que j’ai fait la plupart des programmations parce qu’il y a d’autres noms crédités sur cet album. J’aime principalement programmer moi-même, comme avec « My Emily » et « Monkey Trap », où j’ai samplé Blancmange. En fait, Blancmange voulait
50 % de l’édition et c’est pour ça qu’ils ont été reconnus comme compositeurs. Mais pour moi, c’est un honneur, je les aime depuis 1982 alors ça m’est égal de leur donner ces
50 %. C’est grâce à Gareth Jones que le sample est dans cette chanson. Il l’a suggéré après que je lui ai joué la chanson de Blancmange. « pourquoi ne pas la sampler », m’a-t’il dit et c’est ce que j’ai fait (rires). C’est ce que tu obtiens quand tu es une fille ! Mais après ça, le sample colorait la chanson, il n’avait pas vraiment de pouvoir en lui-même. C’est un peu stupide parce que j’ai fait cette version comme une sorte de remix. Ma version était sans le sample, mais c’était tellement stupide de jouer le remix pour la maison de disques parce que bien sûr, ils ont voulu le remix. Ma version était plus africaine, sombre, épique et effrayante et il y avait un rythme syncopé au lieu des quatre temps actuels... Ils voulaient l’intégrer aux autres chansons alors ils m’ont convaincu d’utiliser le remix… je le regrette maintenant, la chanson se serait beaucoup mieux intégrée à l’album « Tundra », je pense.

Comment Gareth est arrivé dans le tableau ?

Je l’ai simplement contacté par sa page web et il me connaissait de notre période Crammed quand il travaillait avec Wire. Le précédent technicien du son de Röyksopp est aussi un bon ami de Gareth et il a suggéré que je devrais le contacter. Gareth est venu en été 2004 et il a travaillé sur « My Emily » et « The Monkeytrap ». C’était plus une session test car on n’avait que 2 jours. C’était bizarre pour nous deux. Et alors Emi n’arrivait pas à décider s’ils aimaient ou non et bien sûr Gareth devait travailler sur d’autres projets. L’automne est arrivé et j’étais finalement prête à enregistrer quand il était à Los Angeles ou ailleurs. Alors j’ai commencé à travailler avec mes amis ici en Norvège alors…

As-tu appris quelque chose d’intéressant de son court séjour ?

(rires) Oui, j’ai appris comment travailler avec Logic parce que j’avais Cubase ici1. J’ai aussi appris comment avoir des fichiers midi sur Internet (petits rires) ! Je voulais avoir cette chanson de Abba « The visitors », et ça lui a prit 5 minutes pour avoir les fichiers midi. Dommage que ça ne soit plus permis d’offrir des fichiers midi.

D’autres choses de prévues avec Nils ?

Oui, bien que je suis vraiment dans le brouillard avec le bébé qui va arriver ici alors j’ai été plutôt occupée. Je vais prendre une année sabbatique, acheter un piano et recommencer à composer. Bel Canto continuera bien sûr. Il a aussi son propre projet Vajas pour lequel il essaie de trouver un label maintenant. J’ai même dit à Nils de contacter Crammed de nouveau (rires). Mais il est comme moi, il oublie toujours des choses… je ferais mieux de lui redire !

Quelque chose d’autre maintenant, alors que vous avez une réputation excellente en live, il n’y a pas de CD officiels disponibles, ce qui est bizarre…

Nous avons voulu faire un CD live pendant qu’on était en tournée mais on ne l’a jamais fait. Nous pensons toujours qu’il y aura une autre chance (rires). Nous voulions enregistrer un concert plus tard l’année prochaine au Rockefeller Music Hall ici à Oslo, mais je l’ai refusé puisque je serais enceinte de 9 mois alors donc nous avons reporté. Nous devons le faire dans une grande salle cependant avec beaucoup de gens. Nous y pensons presque au dernier moment mais alors ça fait trop de pagaille… et alors c’est trop tard bien sûr. (rires)

1. Logic et Cubase sont des logiciels professionnels de création musicale.

-Traduit par Valérie, corrigé par Vuggevise-


04.04.05 : AFTENPOSTEN.NO voir l'article original

SYNTHPATIQUE

Le titre de l’album peut être traduit par « gaité », ce qui est tout à fait approprié.
Par Robert Hoftun Gjestad

Pour la jeunesse actuelle, Anneli Drecker est plutôt connue comme la juge la plus posée de l’histoire de l’émission « Idol » mais elle est surtout une artiste norvégienne à la voix splendide, solidement ancrée dans le milieu après une longue carrière avec Bel Canto.

Depuis longtemps, elle n’hésite pas à affirmer qu’elle est « une artiste des années 80 », et sort aujourd’hui un album qui trouve ses racines profondes dans cette synthpop pur jus.

Les racines ne sont cependant pas figées, elles ont évolué vers quelque chose de plus actuel avec des titres variés dans la veine électro. Pour la production du single « You Don’t Have To Change », Anneli a obtenu l’aide de vieux amis de Röyksopp, engendrant une collaboration à succès.

Pour autant, l’aspect immédiatement entraînant n’empêche pas une intention plus profonde. Malgré un titre d’album joyeux, « Frolic », sont également présentes des atmosphères bien plus sérieuses, aux inspirations mélancoliques.

Soutenue par sa voix, Anneli Drecker a dirigé son projet d’une main sûre. Les mélodies et les textes simples s’enchaînent sans difficulté mais il n’y a ici rien de révolutionnaire à noter.
Globalement, cet album est cependant plus abouti, bien meilleur que ses premiers pas en solo avec « Tundra », sorti il y a cinq ans. Agréable à écouter.

- Traduit par Nordavind -


02.04.2005 : DAGSAVISEN voir l'article original

MA MUSIQUE D'ADOLESCENTE
Par Bernt Erik Pedersen

Oh Talk Talk, s’exclame Anneli Drecker, 36 ans en fouillant les bacs de disques à la recherche de synthpop des années 80.
Son nouvel album solo est influencé par la musique de son adolescence à Tromsø.
Pendant bientôt vingt ans Anneli Drecker a été la grande diva du synthpop en Norvège, tout d’abord célèbre par Bel Canto. Ces dernières années a été aussi jury pour Idol et a chanté de par le monde avec a-ha et Röyskopp. Maintenant elle est chez un disquaire d’occasion sur Grunerløkka et fouille les vinyles des années 80.


Photo : Mimsy Møller


Influences musicales

La synthpop obscure des années 80 est sa spécialité, cela a imprégné ‘Frolic’ qui est sorti lundi. Elle a eu recours à l’aide entre autres de Röyskopp et de l’artiste électronique Gaute Barlinghaug de Tromsø. Le résultat est un disque synthpop plus cultivé que son premier album ‘Tundra’ (2001).
Je n’ai pas voulu faire un album des années 80 mais quelques morceaux sont vraiment influencés par les années 80. Car c’est mon influence musicale, déclare Drecker.
A Tromsø il s’est formé un milieu pour la musique électronique. Le nom le plus connu est Per Martinsen- plus tard concubin de Drecker-, Nils Johansen et Geir Jenssen, qui après ont formé le trio Bel Canto avec Anneli pour chanteuse. Pour un peu le frère d’Anneli Drecker de cinq ans plus vieux était de la partie. Il s’intéressait à la musique synthé et allait jusqu’à Londres pour acheter des disques. Il est revenu avec pleins de choses étonnantes : Orchestral Manoeuvres in the Dark, Deutsch Amerikanische Freundschaft, Cabaret Voltaire.

Endurcie de bonne heure

Drecker évoque un panel de noms de la toute fin des années 80 de synthpop d’avant-garde qu’elle a écoutés vers douze ans.
Et Sawns et Coil et Psychic TV.
Musique sévère.
Oui, mais je me suis endurcie tôt, sourit Anneli Drecker. J’aimais aussi Joy Division, The Cure et The Smiths comme tout le monde. Mais la musique électronique me fascinait d’une certaine manière. C’était quelque chose que je n’avais jamais entendu auparavant. C’était grand, sombre et chouette. La musique était pompeuse et mystique. Les artistes osaient être dramatiques, déclare Drecker avec enthousiasme.
J’ai vécu cette musique à ma puberté, qui est un moment difficile où l’on est sensible à l’impression. Il y avait des adolescents des années 90 qui parlaient du grønsjen avec la même fascination. Ma musique d’ado était la musique électronique des années 80. Et je trouve que c’est la meilleure des musiques de cette époque, dit Drecker.
Un de ses préférés était le duo britannique Blancmange, qui a samplé un des morceaux de ‘Frolic’.

Réservation

‘Frolic’ a été principalement enregistré au nouveau studio d’Anneli Drecker sur Grünerløkka. C’est ce qui a été un facteur important pour qu’il soit réalisé. Car il n’était pas sûr –après ‘Tundra’- qu’elle voulait officier en tant qu’artiste, raconte t-elle.
Après ‘Tundra’ il n’y avait aucune raison que je revienne en tant qu’artiste. Bel Canto devait faire un disque, c’était décidé par avance., et j’avais envie de la faire. Mais j’en avais marre du schéma studio – tournée- une an de pause – studio. Est-ce que la vie d’artiste c’est ça ? Alors je n’avais rien établi de sérieux : soit tu continues, soit tu prends d’autres voies, déclare Drecker.
Mais alors les propositions ont commencé à affluer : Une commande à Harstad, une tournée avec a-ha, un disque avec Kjetil Bjørnstad, une tournée avec Röyskopp, Jury pour Idol…c’est arrivé comme ça. Et c’était rédempteur pour la créativité, que mon projet ne soit pas la priorité. Il y avait d’autres sources d’argent, je pouvais aller au travail, rentrer à la maison et laisser mon disque de côté.
Elle tire un exemplaire du single classique de Talk Talk ‘It’s my life’ redevenu célèbre grâce à No Doubt et Margaret d’Idol, la favorite du jury Drecker.
Margaret pensait que c’était No Doubt qui avait écrit la chanson, dit Drecker en pouffant de rire. C’est ce que croit ma fille Iris aussi. Mais je lui ai passé l’original pour elle et elle s’est exclamé ‘c’est cent fois mieux ! maman…..Plus triste’. Il y avait plus de mélancolie dans les années 80.
Aujourd’hui les gens n’ont plus le temps pour la mélancolie, dit-elle tandis qu’elle regarde dans les bacs de disques.
Propaganda, Fad Gadget, Thompson Twins.

Terminé avec Idol

J’en ai incroyablement terminé avec Idol maintenant, déclare Drecker. Je ne le regarde plus et n’ai aucun favori, cette fois. Je ne regrette pas d’avoir été à Idol- Je ne regrette jamais ce que j’ai fait. C’est à la fois incroyablement épuisant et incroyablement engageant- non pas parce que je me reconnaissais dans les concurrentes de Idol de 17 ans qui se tenaient devant moi et chantaient. Mais elles n’avaient pas Nils et Geir qui étaient à la maison dans la chambre à faire de la musique synthé, et un grand frère qui ramenait des disques de Londres. J’ai été super chanceuse de les avoir, déclare Drecker.
Nous en arrivons à trouver Kissing the Pink dans les bacs. Mais Anneli Drecker finit par acheter un vinyle de Scritti Politti ‘Hypnotize’, de 1984.
C’est une musique de fête à Tromsø, l’été de mes 16 ans ? J’aimais ce morceau. Mais mon chéri m’a plaqué alors j’ai détruit le disque. Depuis je n’ai presque pas eu l’occasion de l’écouter.
Et voilà, dit Anneli Drecker, avec son vinyle sous le bras. Elle rentre à la maison pour retrouver son chagrin d’amour de 1984.

-Traduit par Vuggevise-


30.03.2005 : BA (Bergensavisen) voir l'article original

UN COUP DE MAIN DE BERGEN

Anneli Drecker a de bonnes relations à Bergen. Röyksopp a sauvé une mélodie de l’oubli. Et William Hut a prêté main forte lorsqu’elle s’est lassée de sa propre voix.
Par Ann Kristin Ødegård

Voilà cinq ans qu’Anneli Drecker a sorti son premier album solo. Mais Frolic est terminé depuis lundi.Le single acclamé « You Don’t Have To Change » a été joué à la fin d’un concert de Röyksopp à Bergen lors de leur dernière tounée solo.
- Torbjørn Brundtland a programmé et co-produit « Tundra », c’était donc naturel d’entrer en studio avec eux. C’était incroyablement amusant, affirme Anneli.
- Torbjørn m’a demandé si je voulais mettre «You Don't Have To Change» sur l’album.
« Je l’ai ici à Bergen, je l’ajoute ? », dit-il. « Oui ! ».
- Sinon, j’aurais probablement oublié la mélodie. Il aurait peut-être été effacé ou transformé en ballade, avoue Anneli Drecker.

Fan de Willy

Elle fait aussi un duo avec William Hut alias Willy Marhaug sur « Angel Bossanova ».
- C’est tellement ennuyeux d’entendre ma voix à nouveau sur le deuxième couplet, me disais-je. J’ai donc dit à EMI qu’il fallait que ce soit un mec qui chante ça. Ils m’ont suggéré Willy, et ça a parfaitement convenu. Ca a considérablement amélioré la chanson. C’est un artiste vraiment talentueux.
- « Angel Bossanova » a en fait été écrit pendant la tournée au Brésil avec A-ha, pendant que Morten Harket chantait dans la chambre voisine.
- Tu n’as pas demandé à Morten Harket de faire un duo ?
- Ca aurait été amusant, évidemment. Mais j’ai toujours admiré Poor Rich Ones, et je pensais que Willy était une proposition géniale. Ca devait se passer comme ça. Je trouve que ça aurait été trop évident d’utiliser Morten. Il est si connu que les gens auraient pensé que j’ai profité de lui.

Les années 80

Sur « Frolic », Anneli Drecker fait presque tout elle-même. L’environnement sonore rappelle la synthpop des années 80, dont Anneli a beaucoup de bons souvenirs.
- J’ai compris que la musique des années 80 n’est pas la même pour moi que pour la plupart des gens. Ils pensent à Wham, alors que je pense aux groupes underground sombres comme Fad Gadget, Depeche Mode et Thomas Dolby. Et puis c’est dans les années 80 que le synthé est arrivé. Je suis une artiste des années 80, déclare-t-elle.
- Ce n’est pas pour me lancer dans une mode, mais la différence avec Bel Canto est que l’album n’est pas très épique. Ce ne sont pas les larges horizons pastel, mais plutôt les ruelles étroites.
Bientôt, Anneli Drecker aura réuni tous les musiciens pour la tournée.
- Mais je ne peux pas emporter tous mes synthétiseurs. Ce serait comme de mettre dix nageuses synchronisées dans une baignoire et de leur demander d’être aussi gracieuses que dans une piscine. Je dois tenter de me débrouiller, dit-elle en riant.

-Traduit par Nordavind-


30.03.2005 : MUSICAL DISCOVERIES (concerne Bel Canto)  voir l'article original

Par R. W. Elliot and J. R. Elswick

Votre album le plus récent, Dorothy’s Victory, est très positif et optimiste. Est-ce un choix délibéré, et si oui, qu’est-ce qui vous a décidé à faire un album plus « ensoleillé » ?

Nous travaillions jour et nuit dans un environnement confortable, comme à la maison, là haut à Tromsø, chez nous. L’atmosphère pendant ces séances nocturnes était d’une certaine façon privée et détendue et nous n’avions personne de la maison de disques sur notre dos pendant tout ce temps. Nous avions la liberté et l’espace pour jouer.
J’ai aussi dormi dans le studio, sur un matelas à côté du mixer parce que j’étais trop fatiguée pour rentrer à la maison. Comme ça, je pouvais travailler même pendant mon sommeil.

Anneli, vous avez prêté votre belle voix caractéristique pour différentes collaborations. Quelle a été votre préférée ?

Travailler avec Torbjørn et Svein de Röyksopp est toujours formidable et amusant. Ils sont si énergiques et surprenants !

Y a t’il un artiste en particulier dans le monde de la musique avec lequel vous aimeriez travailler ?

Hmm… Aphex Twin !

Votre musique montre quelques références classiques fortes. Etes-vous tous les deux «qualifiés» dans le sens classique ?

Nils est le plus qualifié. Il a joué du violoncelle et aussi de la flûte quand il était enfant. Et puis il a commencé à jouer de la basse dans un groupe punk appelé Peder Xem, de Tromsø, jusqu’à ce qu’il achète son premier synthé, un DX7 et a commencé à programmer de nouveaux sons et de la musique arctique avec Geir Jenssen en 1985/1986.
J’ai chanté dans une chorale et j’ai pris des cours de piano pendant 3-4 ans et plus tard, j’ai pris quelques cours de chant. Mais mon plus grand professeur et mentor en matière de musique c’était mon grand frère et sa collection de disques bizarres.

Pensez-vous que votre musique comporte des éléments typiquement « norvégiens » ?

C’est difficile pour nous de le dire mais si vous pensez à la Norvège en tant que pays des trolls, des aurores boréales et du soleil de minuit, je suppose qu’on ne peut pas s’empêcher d’être influencés par nos origines.
Le peuple du grand nord norvégien a aussi un grand sens de l’humour. Vous en avez besoin pour survivre aux longs et sombres hivers froids ! Je suppose que les gens qui vivent dans un tel climat polaire, ont besoin de s’évader en rêvassant et en se rencontrant souvent.
Quand je lis une interview de Bjørk, je reconnais immédiatement la façon dont elle décrit l’Islande et les Islandais.

Certaines mélodies de Bel Canto reflètent des influences musicales du Moyen Orient. D’où vient cette influence ?

La Norvège est loin au nord, oui, nous vivons à 800 km au nord du cercle polaire mais la Norvège s’étend aussi loin à l’est ! Kirkenes, une ville de Norvège, est en fait aussi loin à l’est qu’ Istanbul !
Nils et moi avons toujours ressenti une forte attraction envers les Mongols et bien sûr nous sommes très influencés par le peuple Sami, qui vit très au nord. Les Natifs de Norvège ont toujours été là dans notre vie de tous les jours, on entend leur musique à la radio et nous avons joué beaucoup de concerts au Finnmark, la région du peuple Sami.
Je pense qu’on peut tirer un lien musical entre la façon dont les chanteurs indiens chantent et la vieille musique folk traditionnelle norvégienne. Quand je pense à la musique du monde, je ne vois pas de carte avec des frontières mais des strates de techniques de chant dans l’histoire de l’humanité et personne n’a le copyright de telle ou telle façon de chanter parce que l’on trouve les mêmes éléments partout dans le monde.
Un autre exemple : le joik Sami et le chant des indiens d’Amérique. Nous sommes tous originaires de la même tribu de toute façon !

Quelles sont les influences musicales de Bel Canto, et qui sont vos artistes/groupes favoris ?

Mes premières influences sont OMD, Blancmange, David Bowie, Kissing the Pink, Clannad, 4AD-artists, Kate Bush, William Orbit, Nusrat Fateh Ali Khan, Virginia Ashley, Meredith Monk, Laurie Anderson, Tuxedomoon, David Sylvian, The Swans, Ruichi Sakamoto, YMO, Diamanda Galas, Fad Gadget, Cabaret Voltaire, Depeche Mode, Blue Nile, et bien d’autres.
Ces jours ci, j’écoute le nouvel album de Beck, Nick Cave, PJ Harvey, Sigur Ros, Hoover Phonic, Emmylou Harris, U2, Mew (un groupe danois), Bjørk, Illumination, Souvenire, Magnet, Mari Boine, Nils Petter Molvaer, Boards of Canada, Truls Mork, Radiohead, Coldplay, The Latvia Radio Choir, le dernier Johnny Cash et une chanteuse de Tuva qui s’appelle Seinko et beaucoup d’autres.

Il est clair que la musique de Bel Canto, tout en maintenant un son unique, a évolué de bien des façons dans la dernière décennie. Comment décrivez-vous l’évolution de votre musique depuis votre premier album White-out Conditions jusqu’au plus récent Dorothy’s Victory ?

C’est difficile de décrire notre propre évolution sur tant d’années, en fait depuis que j’ai 16 ans jusqu’à 33 ans maintenant. Nous avons commencé avec l’idée d’être un groupe de musique pop électronique avec seulement des éléments de son arctique au lieu d’essayer d’être comme les autres groupes pop d’Europe. C’était important pour nous de décrire nos origines par notre musique.
Sur les 2 premiers albums, nous étions 3, avec Geir Jenssen (Biosphère). Il a quitté le groupe en 1991. Depuis, Nils et moi avons eu une période où nous écoutions de la musique africaine et du moyen orient. Puis, la House et la scène techno sont apparues et nous sommes sortis en boite de nombreuses années. Maintenant, je pense que l’on est revenu un peu comme dans les années 80 et nous nous concentrons sur les mélodies. De nos jours, c’est si facile de programmer de la musique et d’acheter des logiciels, samples et plug-ins, alors Nils et moi pensons qu’une bonne chanson est une chanson que l’on peut jouer aussi en acoustique et qui en ressort aussi forte et garde toute son essence.

Est-ce que Bel Canto projette de continuer à produire des albums, et peut on s’attendre à des tournées en dehors de la Norvège dans le futur ?

En ce moment nous essayons d’avoir une distribution en Europe et dans le reste du monde pour Dorothy’s Victory. J’espère que si cela se passe, nous pourrons partir en tournée et promouvoir notre album. Nous aimons faire des concerts et avoir un retour du public. C’est ce qui te fait être un vrai musicien.

Est-ce que Internet a affecté Bel Canto, et si oui, de quelle façon ?

Ca nous a aidé à communiquer avec nos fans partout dans le monde, spécialement par le site non officiel www.annelidrecker.com. Nous avons pu également entrer en contact avec d’autres musiciens et producteurs en utilisant le net, au lieu de passer par leurs maisons de disques.

Quel est le moment musical le plus mémorable de Bel Canto des 15 dernières années ?

Jouer au New Morning club à Paris en 90 ? Je ne sais pas, différents concerts partout dans le monde, à Tokyo, Mexico, Israël. Et aussi rencontrer le public en général, je suppose.
Et rencontrer nos propres héros. Pour moi, c’était un grand moment quand j’ai rencontré Simone Raymonde et Robin Guthrie. A Mexico quand nous avons eu un encouragement personnel de Dead Can Dance par leur manageur qui disait qu’ils étaient désolés d’avoir manqué notre concert, alors qu’on ne s’attendait même pas qu’ils nous connaissent.
Mais aussi ces moments magiques que nous avons eu pendant que nous composions nos chansons durant ces années. Tellement de moments formidables.

Comment distingueriez-vous les albums d’Anneli Drecker de ceux de
Bel Canto ?

Hmmm mes accords sont plus simples et les paroles sont plus personnelles, puisque je me représente moi même en solo. Bel Canto est un monde où l’on doit entrer et où nous sommes deux compositeurs, la musique de Bel Canto comparée à ma propre musique, sera automatiquement différente.

De quelle manière Internet a t’il influencé votre carrière musicale solo ?

Beaucoup, spécialement parce que j’ai la chance d’avoir mon propre site www.annelidrecker.com où je peux même quelques fois avoir des informations utiles sur moi-même et où je parle aussi avec les fans.

-Traduit par Valérie, corrigé par Vuggevise-


29.03.2005 : ADRESSA.NO voir l'article original

DESORMAIS ELLE CHANTE SEULE

Lorsque le second album d’Anneli Drecker sort, les gens veulent encore relier une des plus grandes chanteuses de Norvège à celle qui fut à Idol.
Par Ole Jacob Hoel

Depuis son premier album solo il y a cinq ans, Drecker a fait plein de choses différentes. Elle a sorti deux CD avec Bel Canto, tourné avec a-ha dans le monde entier, écrit deux œuvres sur commande, joué dans une représentation de Peer Gynt chez elle à Tromsø, tourné un poème de 1600 vers avec Ketil Bjørnstad et a été jury pour Idol. Pour n’en nommer que quelques uns.

De John Donne à Kjartan Salvesen, il faut appeler un grand coup de pied. Etrangement le second album solo d’Anneli Drecker ‘Frolic’ s’est nettement profilé.
Photo : Scanpix

« Je n’étais pas sûre de ce que je voulais et cela était bien aussi la conséquence de mon oui pour Idol cet automne. J’avais besoin d’un temps de réflexion. Les choses se sont mises en place », déclare Anneli Drecker.

A Idol elle a rencontré de jeunes chanteurs, certains d’entre eux avec de grandes ambitions et autant de talent qu’elle lorsqu’elle a commencé la musique.
« Mais j’avais la chance d’avoir un grand frère avec toute une collection de disques et un statut local. J’écoutais PsychicTV à l’âge de douze ans et devint une véritable fille de synthé. Ainsi je rencontrai deux gars avec des inspirations bizarres pour jouer dans un groupe, par exemple, interdiction totale des guitares. Je trouvai tôt une direction . Ce n’est pas ce que tous les participants d’Idol avaient sauf peut être Margaret ».
Sur ‘Frolic’ Anneli retourne aussi musicalement en enfance – jusqu’à la synthpop directe.
« Je voulais faire un disque pop et avais en tête le crédo de Roger Waters pour ‘Dark Side of the Moon’ : simple, hardi et dramatique’. Cela a été le fil conducteur de ma musique », raconte Anneli Drecker.
Elle a écrit tous les titres et programmé la plupart des morceaux sur le disque. Mais d’autres ont aussi collaboré : ceux des vieux milieux de Tromsø, Roÿskopp, Lauren Savoy et un vieux producteur des années 80 : Gareth Jones. Elle a cependant gardé le contrôle sur tout.
« Pour la première fois je me sens plus productrice qu’artiste. J’ai travaillé en entier sur le disque, travaillé avec la musique comme ‘science’. »
La passion est le point de départ des morceaux et des paroles. C’est avant tout la chanteuse qu’elle est. Depuis qu’elle chante chaque jour elle est un être chanceux.
Mais d’abord cet été elle va devoir chanter son album solo devant un grand public. Avec un groupe de cinq musiciens, elle va chanter dans une série de festivals, qui ne sont pas encore confirmés. Ce sera une répétition avant la tournée de cet automne.

-Traduit par Vuggevise-
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